Gabon : oligui nguema déploie 25 milliards de fcfa pour l’autosuffisance alimentaire

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a fixé un cap ambitieux pour soustraire le pays à sa dépendance alimentaire chronique. Lors d’un entretien exclusif, il a détaillé une stratégie volontariste visant à réduire de moitié les importations d’ici 2030, avec un investissement initial de 25 milliards de francs CFA dédié au secteur primaire.

L’état des lieux : une dépendance jugée intenable

Le Gabon importe actuellement 80 % de ses besoins alimentaires, une situation que le chef de l’État qualifie d’« aberration ». Avec 270 000 km² de terres arables largement sous-exploitées, le pays accuse un retard criant dans la production locale. Pour Oligui Nguema, ce déséquilibre résulte d’un manque de volonté politique et d’investissements structurels, deux leviers qu’il entend désormais actionner.

Les mesures choc pour 2027 : fin des importations de poulet et relance de l’élevage

Un premier signal fort sera donné dès le 1er janvier 2027 avec l’interdiction totale d’importer du poulet de chair. Cette décision vise à protéger et dynamiser la filière avicole nationale, qui bénéficiera d’un accompagnement technique et financier. Parallèlement, 12 000 bovins seront introduits pour développer les filières viande et lait, tandis que chaque province sera encouragée à cultiver des vivriers pour participer à l’effort collectif.

Un fonds spécial de 25 milliards de FCFA pour les acteurs du secteur

Pour concrétiser cette révolution agricole, la présidence a annoncé la création d’un fonds spécial de 25 milliards de francs CFA, géré par la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG). Ce mécanisme financier est exclusivement dédié aux agriculteurs, aviculteurs et pêcheurs. Il permettra de financer la formation aux techniques modernes, l’achat d’équipements et l’accès au crédit.

« Le Gabon a les moyens de se nourrir lui-même. Ce qui manquait, c’était la volonté politique et l’investissement. Nous mettons les deux sur la table », a martelé le président.

L’objectif final est de réduire de 50 % la dépendance alimentaire d’ici 2030, un défi titanesque qui, s’il est relevé, pourrait transformer en profondeur l’économie et la souveraineté du Gabon.