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Gabon : les réseaux sociaux bientôt tenus d’avoir un représentant local

Publié le 26 juin 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Le Gabon veut désormais imposer sa loi aux géants des réseaux sociaux. Le Sénat, réuni à Libreville, a examiné un texte porté par l’exécutif qui prévoit d’encadrer strictement les activités des plateformes étrangères sur le territoire. Parmi les mesures phares : l’obligation pour chaque grande plateforme (TikTok, Facebook, X) de désigner un représentant légal résidant au Gabon. Objectif : combler un vide juridique persistant et instaurer un véritable dialogue avec les autorités.

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Jusqu’à présent, ces entreprises opéraient sans interlocuteur officiel, bloquant toute coopération judiciaire, modération de contenus ou action en cybersécurité. En imposant un mandataire local, Libreville entend rééquilibrer un rapport de forces historique, en s’inspirant des régulations brésiliennes et européennes.

Cette offensive survient dans un climat national tendu. Depuis février 2025, le gouvernement a coupé ou restreint l’accès aux réseaux à plusieurs reprises pour des raisons d’ordre public. Mais face à ces blocages, les internautes gabonais ont massivement adopté les VPN, rendant les mesures partiellement inefficaces.

Entre sécurité publique et libertés fondamentales

Pour les partisans de la loi, l’enjeu est de construire une véritable souveraineté numérique, à l’image des initiatives nigérianes ou kenyanes. Au Sénat, les arguments avancés oscillent entre protection des mineurs, lutte contre les discours de haine et désinformation.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein de la société civile. Beaucoup redoutent qu’il ne serve d’outil de censure pour brider la liberté d’expression, un équilibre déjà fragile dans les transitions démocratiques africaines. Les observateurs attendent de voir la sévérité des futures sanctions en cas de non-respect.

Le défi de l’attractivité économique

Le bras de fer avec Meta ou ByteDance dépendra de leur réaction. Or, pour ces empires, le marché gabonais – environ 2,5 millions d’habitants – pèse peu économiquement. Une régulation trop rigide pourrait décourager les investisseurs technologiques, notamment dans les centres de données en Afrique centrale. À l’inverse, un cadre équilibré renforcerait la crédibilité internationale de Libreville. Les débats parlementaires montrent en tout cas que le pouvoir veut avancer rapidement.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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