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Gabon : le complexe Kobé-Kobé, clé de voûte de l’après-pétrole

Publié le 8 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le Gabon franchit une étape décisive avec le lancement des travaux du futur port en eau profonde de Kobé-Kobé. Ce projet structurant, adossé au gisement de fer de Belinga, à une nouvelle liaison ferroviaire et au barrage hydroélectrique de Booué, incarne la volonté des autorités de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de miser sur la transformation locale des richesses naturelles.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Longtemps dépendant des recettes pétrolières, le Gabon s’engage résolument dans la diversification de son économie. Dans cette optique, Kobé-Kobé se présente comme un pilier central du nouveau modèle de développement. Au-delà d’un simple port, il s’agit d’un véritable écosystème industriel conçu pour relier les ressources minières aux marchés mondiaux tout en maximisant les bénéfices pour le pays.

Implanté sur la façade atlantique, dans la province de l’Estuaire, le port en eau profonde offrira un tirant d’eau de 14 à 16 mètres, permettant d’accueillir des navires de très gros tonnage. Cette capacité devrait nettement améliorer la compétitivité logistique du Gabon face aux autres ports d’Afrique centrale.

Un projet intégré au service de la transformation économique

Kobé-Kobé s’intègre dans une chaîne de valeur complète, autour de plusieurs infrastructures clés. Le gisement de fer de Belinga, l’un des plus vastes encore inexploités au monde, en est le cœur. Pour acheminer le minerai vers la côte, une nouvelle voie ferrée reliera l’intérieur du pays au port. Le barrage de Booué fournira l’énergie nécessaire au complexe minier et industriel. Cette approche intégrée vise à éviter l’exportation brute des matières premières en favorisant leur transformation sur place.

La convention signée en avril 2026 entre l’État gabonais et Africa Global Logistics (AGL) marque une avancée majeure pour le projet. L’objectif est de créer une plateforme logistique de référence, soutenant l’industrialisation du pays.

Jusqu’à 160 000 emplois attendus

L’impact social et économique est un enjeu central. Selon les estimations, le complexe pourrait générer jusqu’à 160 000 emplois directs et indirects tout au long de son développement. Cette perspective est porteuse d’espoir pour la jeunesse gabonaise confrontée aux difficultés d’insertion professionnelle. Les besoins concerneront la construction, la logistique, l’industrie, le transport ferroviaire, l’énergie et la maintenance.

Les autorités espèrent créer un effet d’entraînement sur tout le tissu économique, en favorisant l’émergence d’entreprises locales capables de participer à la sous-traitance.

Une ambition de souveraineté économique

Au-delà de l’économique, Kobé-Kobé revêt une forte dimension symbolique. Il traduit la volonté du président Brice Clotaire Oligui Nguema de bâtir une économie fondée sur la valorisation des ressources nationales et la maîtrise des infrastructures stratégiques. Dans un contexte où la souveraineté économique est cruciale pour les États africains, ce complexe minier, énergétique, ferroviaire et portuaire en est une illustration concrète. Si les échéances sont respectées, Kobé-Kobé pourrait, d’ici 2030, devenir un symbole majeur de la transformation économique du Gabon et de son entrée dans l’ère post-pétrolière.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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