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Francophonie parlementaire : le Sénégal et le Gabon redéfinissent l’avenir politique africain

Publié le 19 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

francophonie parlementaire : le Sénégal et le Gabon redéfinissent l’avenir politique africain

Parlementaires africains lors de la 32e Assemblée régionale de l'APF à Dakar

À Dakar, la 32e Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) a marqué un tournant décisif pour la Francophonie africaine. Plus de 200 parlementaires, présidents d’assemblées et représentants institutionnels issus d’une trentaine de pays africains se sont réunis pendant trois jours pour transformer la capitale sénégalaise en un véritable laboratoire stratégique. L’enjeu ? Redéfinir le rôle de l’Afrique francophone dans un contexte géopolitique en pleine mutation.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Face aux recompositions géopolitiques mondiales, aux crises sécuritaires au Sahel et aux rivalités d’influence entre grandes puissances, cette rencontre n’a pas été qu’une simple réunion diplomatique. Elle a soulevé une question cruciale : quel rôle l’Afrique francophone souhaite-t-elle jouer dans le monde du XXIe siècle ?

Le thème choisi, « La Francophonie parlementaire face aux défis du développement durable et de la démocratie en Afrique », a servi de catalyseur à une réflexion bien plus large. Les débats ont porté sur l’avenir politique, institutionnel et stratégique du continent, révélant une volonté commune de rompre avec les schémas traditionnels.

Le Sénégal impulse une nouvelle vision de la Francophonie africaine

Le discours le plus marquant de cette assemblée est venu du président de l’Assemblée nationale du Sénégal, El Malick Ndiaye. Dans une intervention à forte portée politique, il a plaidé pour une souveraineté africaine assumée, portée par des institutions parlementaires fortes et crédibles. Son objectif ? Faire de la Francophonie bien plus qu’un espace culturel ou linguistique, mais un levier de coopération stratégique.

El Malick Ndiaye a appelé à une diplomatie parlementaire « plus offensive », mettant en avant des priorités comme la sécurité humaine, la fiscalité des industries extractives, la coopération administrative et le contrôle démocratique. Son plaidoyer reflète une ambition claire : l’Afrique francophone ne veut plus seulement participer aux débats internationaux, elle veut en façonner le contenu.

Le Gabon s’affirme comme acteur clé dans cette dynamique continentale

Le Gabon, représenté par son président de l’Assemblée nationale Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a également marqué les esprits. À la tête d’une délégation regroupant des membres des deux chambres parlementaires, Libreville a affiché sa volonté de renforcer sa présence dans les instances internationales. Cette participation s’inscrit dans une stratégie de repositionnement diplomatique, visant à consolider l’image du pays sur la scène africaine et mondiale.

Les représentants gabonais ont insisté sur la nécessité de réformer l’APF pour mieux répondre aux attentes des peuples africains. Une position qui s’aligne sur les débats plus larges concernant la modernisation des institutions francophones. À Dakar, le Gabon a projeté l’image d’un pays déterminé à jouer un rôle actif dans les discussions sur la gouvernance, la démocratie et le développement durable.

Cette démarche illustre une évolution majeure : la Francophonie parlementaire n’est plus un simple cadre diplomatique, mais un espace de compétition d’influence où chaque État défend sa vision politique et ses intérêts stratégiques.

Une Francophonie en quête de transformation

Les travaux de Dakar ont révélé une crise existentielle au sein de la Francophonie institutionnelle. De nombreux responsables africains estiment que les structures héritées des décennies passées ne correspondent plus aux réalités géopolitiques actuelles. Les revendications souverainistes, les aspirations démocratiques et les crises sécuritaires persistantes ont profondément modifié les attentes vis-à-vis des organisations internationales.

Plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de construire une Francophonie moins verticale, plus équitable et davantage centrée sur les préoccupations concrètes des citoyens africains. Le discours n’est plus celui d’une simple solidarité linguistique, mais celui d’une coopération stratégique axée sur la sécurité, le développement économique, l’intégration régionale et la stabilité institutionnelle. Cette transformation marque un basculement intellectuel au sein des élites politiques africaines francophones.

Dakar, symbole d’une Afrique francophone en pleine mutation

En accueillant cette 32e Assemblée régionale Afrique de l’APF, le Sénégal a confirmé sa volonté de s’imposer comme un acteur central de la nouvelle diplomatie africaine. Le pays cherche à allier stabilité institutionnelle, affirmation souveraine et leadership régional.

Le choix de Dakar comme capitale de cette réflexion n’est pas anodin. Il intervient dans un contexte où plusieurs pays africains redéfinissent leurs rapports aux anciennes puissances d’influence. Cette rencontre a marqué un tournant : l’Afrique francophone ne se contente plus de débattre de son avenir, elle commence à en redéfinir les contours avec une ambition renouvelée.

La Francophonie parlementaire africaine entre ainsi dans une nouvelle phase de son histoire. Une phase où les questions de souveraineté, de gouvernance démocratique et de puissance politique deviennent les piliers centraux. À Dakar, les parlementaires africains n’ont pas seulement discuté de l’avenir de la Francophonie : ils ont posé les bases d’une nouvelle ambition africaine.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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