Force armée conjointe de l’AES : une avancée stratégique contre les jihadistes

L’AES : une alliance souverainiste face aux défis sécuritaires

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis sous la bannière de l’Alliance des États du Sahel (AES), sont gouvernés depuis 2020 par des juntes militaires issues de coups d’État. Ces régimes, portés par une vision souverainiste, ont rompu avec les puissances occidentales pour se tourner vers de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie.

Bamako au cœur d’un sommet décisif pour la sécurité régionale

Assimi Goïta, président de la junte malienne, a accueilli son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani, à Bamako. Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’État burkinabé, devait les rejoindre le lendemain pour poursuivre les discussions entamées lors de ce sommet.

Une force armée conjointe : une réponse à l’urgence jihadiste

L’objectif principal de cette rencontre était d’avancer sur la création d’une force armée multinationale dédiée à la lutte contre les groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Ces organisations terroristes, actives depuis plus d’une décennie, menacent la stabilité des trois pays.

Le samedi précédent, Assimi Goïta avait officiellement remis un étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES), marquant symboliquement son entrée en service. Cependant, aucune date concrète n’a été annoncée pour son déploiement opérationnel, laissant cette initiative à un stade préliminaire.

Une menace jihadiste en expansion

Les attaques des groupes armés s’intensifient, notamment dans le sud du Mali, où ils perturbent l’économie locale. Au Burkina Faso et au Niger, ces mouvements déstabilisent les gouvernements et provoquent des déplacements massifs de populations.

Un responsable du ministère malien de la Défense a déclaré : « Nous avons mobilisé les ressources nécessaires. Chaque pays a contribué en troupes et en équipements. Nous combattrons côte à côte sur le terrain. »

Autres projets phares de l’AES : médias et finance régionale

Outre la sécurité, ce sommet a permis d’inaugurer les locaux de la Télévision AES, bien que sa date de lancement reste incertaine. Par ailleurs, les trois nations ont validé la création d’une banque d’investissement commune, dont le siège sera installé à Bamako.

Ce rapprochement entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer leur autonomie, tout en s’éloignant des anciennes alliances comme la France ou la CEDEAO.