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Enjeux et défis de la libre circulation au sein de l’AES

Publié le 28 janvier 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

L’Alliance des États du Sahel face à un paradoxe : souveraineté vs liberté de circulation

Le retrait des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — de la Cédéao a marqué un tournant politique. Pourtant, cette décision a aussi engendré des complications majeures pour les citoyens et les commerçants de la région, notamment en matière de libre circulation des personnes et des marchandises.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Autrefois garantie par les accords de la Cédéao, cette liberté est désormais restreinte, créant des obstacles administratifs et logistiques pour les ressortissants des pays de l’AES. Les documents de voyage comme les passeports, les cartes d’identité ou les permis de conduire ne sont plus systématiquement reconnus hors des frontières de l’alliance, compliquant les déplacements à l’intérieur de l’espace ouest-africain.

Almou Yacouba, secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger, partage son expérience : « Les difficultés sont réelles. Les cartes grises internationales, les permis internationaux et surtout l’assurance Cédéao posent problème. Par exemple, une carte d’identité du Niger peut être refusée en Côte d’Ivoire si elle ne mentionne pas de date d’expiration. Avant, il existait des cartes d’identité spécifiques à la Cédéao, mais aujourd’hui, ces documents ne sont plus valables pour tous. Les voyageurs et les transporteurs doivent donc faire face à des exigences supplémentaires aux frontières. »

Les dirigeants du Mali, Assimi Goita, du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, et du Niger, le général Abdourahamane Tiani, marchent ensemble lors du premier sommet ordinaire des dirigeants de l'Alliance des États du Sahel (AES) à Niamey, au Niger, le 6 juillet 2024

Des contrôles abusifs persistants malgré les promesses d’intégration

Malgré les ambitions affichées par les dirigeants de l’AES de faciliter les échanges et les déplacements entre ses membres, les réalités sur le terrain restent marquées par des contrôles frontaliers abusifs et des demandes de pots-de-vin. Ces pratiques, bien que dénoncées, continuent de peser sur les transporteurs et les voyageurs de la région.

Chaibou Tchiombiano, secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger, confirme cette situation : « L’objectif était de garantir une libre circulation des personnes et des biens au sein de l’AES. Pourtant, nous sommes régulièrement confrontés à des entraves imprévues. »

Pour remédier à ces défis, les États membres de l’AES ont exprimé leur volonté de créer un passeport unique pour faciliter les déplacements internes. Une initiative qui, si elle aboutit, pourrait redonner un souffle à l’intégration régionale.

Une réunion ministérielle pour relancer les discussions

C’est dans ce contexte que Niamey a accueilli, en décembre 2025, une réunion des ministres des Transports de l’AES. L’objectif ? Discuter de la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace de l’alliance, après le retrait des trois pays de la Cédéao. Une étape cruciale pour évaluer les avancées et les blocages persistants.

Les enjeux sont doubles : préserver la souveraineté des États tout en maintenant des liens économiques et humains forts entre les pays de la région. La question de la libre circulation reste donc au cœur des débats, avec des répercussions directes sur la vie quotidienne des populations.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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