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Togo : l’armée face à la violence illégale dans les foyers

Publié le 11 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Quand la protection devient persécution : le fléau des descentes militaires au Togo

Au Togo, la présence des militaires devrait incarner la sécurité et la stabilité. Pourtant, une réalité troublante émerge : des soldats, censés défendre le pays, se transforment en bourreaux dans les foyers. Cette dérive transforme les maisons en lieux de terreur, où la violence remplace la protection.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Des portes enfoncées, des vies brisées

Le domicile privé est le dernier rempart de la tranquillité. Pourtant, au Togo, des militaires forcent l’entrée de maisons sans mandat, sous prétexte de « donner une leçon ». À Lomé comme à Sokodé, ces interventions se soldent souvent par des humiliations et des passages à tabac. Frapper des jeunes dans leur propre cour ou humilier un homme devant sa famille relève de l’illégalité, et non du courage.

Cette brutalité gratuite n’a rien d’un acte héroïque. Elle révèle plutôt un manque criant de discipline et un détournement des missions de l’armée. Comment justifier qu’un soldat, formé pour le combat, s’en prenne à des civils sans défense ?

Une hiérarchie complice ou impuissante ?

La violence militaire ne se limite pas à des individus isolés. Elle reflète un système où les abus sont tolérés, voire encouragés. Quand un soldat frappe un civil, ce n’est pas une simple « erreur » : c’est le symptôme d’une institution qui a perdu de vue son devoir.

  • La confiance brisée : Un citoyen agressé par un militaire ne peut plus croire en l’État. La violence engendre la méfiance, et la méfiance alimente les tensions.
  • La colère semée : Traiter la population comme un ennemi ne suscite pas le respect, mais la révolte. L’armée, au lieu de rassurer, devient un symbole d’oppression.
  • L’illégalité flagrante : Aucune loi togolaise n’autorise les soldats à tabasser des civils chez eux. Ces actes violent les droits humains et les principes démocratiques.

Le soldat et le policier : deux rôles distincts

L’armée et la police ont des missions différentes. Le soldat est formé pour le combat, tandis que le policier est chargé du maintien de l’ordre civil. Envoyer des militaires gérer des conflits locaux crée une confusion dangereuse : le quartier se transforme en champ de bataille, et le voisin devient une cible.

Cette confusion est d’autant plus préoccupante que les soldats, habitués à la confrontation, peinent à adopter une posture de dialogue et de protection. Résultat : les civils paient le prix fort.

Vers une armée respectueuse et responsable

L’honneur d’un militaire ne se mesure pas à sa capacité à frapper les plus faibles, mais à son respect des lois et de chaque citoyen. Au Togo, l’armée doit redevenir ce qu’elle est censée être : un rempart contre l’insécurité, et non une source de violence.

Pour y parvenir, plusieurs mesures s’imposent :

  • La fin de l’impunité : les soldats coupables de violences doivent être jugés et sanctionnés.
  • Une formation adaptée : les militaires doivent apprendre à gérer les conflits sans recourir à la brutalité.
  • Un dialogue avec la population : écouter les citoyens pour comprendre leurs craintes et leurs attentes.

Le Togo n’a pas besoin de violence pour garantir sa stabilité. Il a besoin de justice, de respect et d’une armée qui protège au lieu de persécuter.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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