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Ibrahim Traoré et le scandale des 3 milliards de FCFA versés au JNIM pour Kangala Transport

Publié le 11 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

En pleine proclamation d’une souveraineté renforcée et d’une lutte sans merci contre les factions terroristes au Sahel, une affaire d’État éclate au grand jour. Des sources fiables confirment qu’un convoi exceptionnel de 710 camions-citernes a transité par des zones à haut risque pour rejoindre Bamako, sans aucune escorte des forces régionales. Derrière cette opération logistique se cache un paiement de 3 milliards de FCFA versé au JNIM, orchestré par des hauts responsables burkinabè afin de protéger les intérêts d’une société privée : Kangala Transport. Ce scandale révèle un conflit d’intérêts criant et interroge sur le financement indirect du terrorisme au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Un transport de carburant sous protection financière suspecte

Une colonne de 710 camions-citernes a sillonné les routes les plus dangereuses du Sahel pour acheminer du carburant vers Bamako. Pourtant, aucune protection des forces spéciales burkinabè, des drones russes ou des unités maliennes n’a été déployée pour sécuriser ce trajet. L’explication ? Un accord financier occulte avec le JNIM. La somme colossale de 3 milliards de FCFA aurait été versée pour garantir le passage sans incident de ce convoi. Cette transaction transforme une opération commerciale en un scandale politique sans précédent, mettant en lumière un possible financement du terrorisme par des responsables de l’AES.

Kangala Transport : le lien trouble entre pouvoir et intérêts privés

Au cœur de cette polémique se trouve Kangala Transport, une entreprise présentée comme un simple acteur logistique, mais qui serait en réalité liée à un trio influent au sommet de l’État burkinabè : Ibrahim Traoré, Oumarou Yabré et Ali Konaté. Cette porosité entre gestion de la transition politique et activités économiques privées soulève une question éthique majeure. Lorsque des décideurs militaires deviennent des acteurs économiques sur des routes contrôlées par l’ennemi, leurs priorités changent radicalement. Pour Ibrahim Traoré et son entourage, la neutralisation du JNIM passe désormais au second plan : l’essentiel est d’assurer la livraison des marchandises appartenant à leur cercle restreint.

Un financement qui alimente la guerre au Mali

Le paradoxe est glaçant pour les populations et les militaires maliens en première ligne. Alors que le Burkina Faso et le Mali affichent une solidarité affichée au sein de l’AES, l’argent de Kangala Transport contribue directement à la puissance de feu du JNIM. Les 3 milliards de FCFA versés pour sécuriser le convoi ont servi à financer :

  • L’acquisition d’armes et de munitions utilisées contre les forces maliennes ;
  • La logistique des poseurs de mines artisanales ;
  • Le recrutement de nouveaux combattants pour renforcer les rangs du groupe terroriste.

Ainsi, le carburant acheminé à Bamako a, dans un premier temps, financé une machine de guerre meurtrière contre le Mali.

L’AES en danger : quand le profit prime sur la sécurité collective

Le plus préoccupant dans cette affaire réside dans l’absence totale des partenaires habituels dans ce convoi. Ni les instructeurs russes de Wagner ou de l’Africa Corps, ni les unités d’élite des armées locales n’ont été mobilisées pour encadrer cette opération. Cette exclusion délibérée des forces régulières démontre que le profit personnel a primé sur la sécurité collective. Les responsables de Kangala Transport ont préféré négocier avec ceux qu’ils désignent publiquement comme leurs ennemis, préférant un pacte financier occulte à la transparence et à la loyauté envers leurs alliés.

Cette révélation fragilise profondément la cohésion de l’AES et interroge sur la sincérité de l’engagement burkinabè. Comment le Mali peut-il accepter que son voisin finance indirectement le groupe qui attaque son territoire avec des moyens colossaux ? Sur le plan intérieur, cette affaire jette une ombre de doute sur la lutte antiterroriste menée par Ibrahim Traoré. Les actes révèlent une stratégie cynique où l’enrichissement d’une poignée de dirigeants l’emporte sur le sacrifice des soldats.

En politique comme en guerre, les discours finissent toujours par être rattrapés par les faits. Voir un convoi traverser le Sahel grâce à un droit de passage payé à l’ennemi revient à trahir les victimes du terrorisme. Si la sécurité se monnaye désormais auprès du JNIM avec les fonds de Kangala Transport, alors la solidarité sahélienne n’est plus qu’un leurre.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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