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Crise politique majeure au Sénégal après le limogeage du Premier ministre Sonko

Publié le 24 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

crise politique majeure au Sénégal après la révocation du Premier ministre Ousmane Sonko

Le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye marque un tournant politique décisif au Sénégal. Ce remaniement inattendu, intervenu après des mois de tensions croissantes, fragilise la dynamique de changement promise par le tandem au pouvoir. Élu en mars 2024 avec une majorité écrasante de 54 % des voix, Bassirou Diomaye Faye doit en partie sa victoire à l’influence de son ancien mentor, Ousmane Sonko, leader charismatique du Pastef.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Leur alliance, symbolisée par le slogan « Diomaye moy Sonko, Sonko doy Diomaye » (« Diomaye c’est Sonko, Sonko c’est Diomaye »), avait suscité un immense espoir parmi les Sénégalais. Leur arrivée au pouvoir, moins de deux semaines après leur libération d’une détention prolongée, avait marqué le début d’une période d’état de grâce. Pourtant, cette collaboration prometteuse s’est rapidement transformée en une rivalité ouverte, mettant fin à l’enthousiasme initial.

une rupture aux conséquences politiques lourdes

Les désaccords entre les deux hommes se sont cristallisés autour de plusieurs enjeux majeurs. D’une part, la gestion de la dette publique, qui atteint 132 % du PIB, fait planer une menace économique sérieuse sur le pays. D’autre part, la rivalité personnelle pour l’avenir politique du Sénégal a paralysé la mise en œuvre des réformes promises. Ousmane Sonko, malgré son éviction, conserve une influence considérable grâce à son ancrage populaire et à la majorité absolue du Pastef à l’Assemblée nationale (130 députés sur 165).

Cette crise survient à un moment critique pour le pays, alors que les attentes en matière de transparence et de souveraineté restent immenses. Le limogeage d’Ousmane Sonko pourrait bien redéfinir l’équilibre des forces politiques à l’approche de la présidentielle de 2029, tout en exacerbant les incertitudes sur la gouvernance future du Sénégal.

un duo au pouvoir marqué par des ambitions divergentes

Dès leur accession au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko incarnaient une promesse de rupture avec les pratiques politiques traditionnelles. Leur discours, axé sur la lutte contre la corruption et la restauration de la souveraineté nationale, avait captivé une jeunesse sénégalaise en quête de renouveau. Pourtant, les tensions internes au sein du gouvernement ont rapidement révélé des divergences stratégiques.

Ousmane Sonko, figure centrale du Pastef, bénéficiait d’un soutien populaire inébranlable, notamment auprès des jeunes. Son approche, souvent perçue comme une défense farouche de la souveraineté sénégalaise, contrastait avec les orientations politiques de son successeur. Les observateurs notent que cette rupture reflète moins un conflit idéologique qu’une lutte d’influence pour le contrôle du parti et, à terme, de l’avenir du pays.

Alors que le président Faye tente de consolider son autorité, la question de la cohésion du Pastef et de sa capacité à gouverner sans Ousmane Sonko reste entière. Le limogeage du Premier ministre pourrait ainsi ouvrir une période de recomposition politique, où les alliances traditionnelles et les ambitions personnelles redessineront la carte du pouvoir au Sénégal.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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