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Crise politique au Sénégal : Sonko contre le pouvoir

Publié le 3 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

crise politique au Sénégal : Sonko contre le pouvoir

Ousmane Sonko lors de la conférence de presse à Dakar

À peine une semaine après son éviction de la primature, Ousmane Sonko a choisi de passer à l’offensive. Le leader de Pastef et ancien chef du gouvernement n’a pas hésité à critiquer ouvertement le président Bassirou Diomaye Faye, tout en rappelant la puissance de son parti au Parlement.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Lors d’une conférence de presse à Dakar, Sonko a dénoncé une cohabitation politique forcée, affirmant avoir alerté à plusieurs reprises le chef de l’État sur les risques de cette situation. Sans détour, il a souligné que la majorité parlementaire de Pastef, forte de 130 sièges sur 165, lui permettait de renverser l’exécutif par une motion de censure. « Nous ne cherchons pas à déstabiliser les institutions, mais nous avons les moyens de le faire si nécessaire », a-t-il lancé.

un gouvernement sans légitimité selon Sonko

Les médias locaux ont relayé ses propos avec force détails. DakarActu met en lumière l’absence totale de légitimité politique du gouvernement dirigé par Al Amine Lô. « Ce gouvernement n’a aucune assise populaire », a martelé Sonko. Il a balayé d’un revers de main la coalition mise en avant par la présidence, qualifiant celle-ci de « vide » et de « pure invention ». Pour lui, l’étiquette de « gouvernement de technocrates » n’est qu’un aveu d’isolement politique.

« Pastef reste la seule force issue des urnes à pouvoir prétendre représenter la voix du peuple », a-t-il rappelé. Son parti, issu des dernières élections, conserve une légitimité incontestée, et gouverner sans son implication revient à gouverner sans le soutien populaire.

un défi majeur pour le président Faye

La situation politique au Sénégal prend une tournure inédite. Afrik.com analyse les conséquences de l’exclusion de Pastef du gouvernement. Le parti, majoritaire au Parlement, représente un défi constant pour l’exécutif. Sans son appui, la mise en œuvre du programme présidentiel pourrait se heurter à des blocages institutionnels.

« La stabilité politique est désormais en jeu », selon le même média. Les projets de loi et les réformes annoncées risquent de se heurter à une majorité parlementaire réticente. La question centrale reste : comment un gouvernement sans base parlementaire peut-il gouverner efficacement face à un parti majoritaire qui détient la clé des institutions ?

une rupture sans précédent

Sahel Tribune souligne l’originalité de cette crise. Contrairement aux classiques cohabitations où opposition et majorité s’affrontent, ici, la rupture s’opère au sein même de la majorité présidentielle. Le président Bassirou Diomaye Faye, bien que légitime selon la Constitution, se retrouve isolé politiquement. Sonko, lui, incarne la mémoire du mouvement qui l’a porté au pouvoir, rappelant sans cesse les origines populaires de leur victoire électorale.

Cette confrontation entre les deux figures du pouvoir pourrait redéfinir l’équilibre politique du pays. Les prochains mois seront décisifs : dans les rues, au Parlement et au sein des institutions, l’affrontement s’annonce intense. La capacité de l’exécutif à faire adopter ses textes dépendra largement de sa capacité à rétablir un dialogue avec Pastef, tandis que Sonko, fort de son ancrage populaire, continue de mobiliser ses militants.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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