Crise politique au Mali : l’ONU alerte sur la suspension des élections et la répression

Crise politique au Mali : l’ONU dénonce la suspension des élections et la répression croissante

L’Organisation des Nations Unies (ONU) tire la sonnette d’alarme concernant la situation au Mali. Par la voix de son Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, elle met en lumière deux problèmes majeurs : la suspension indéfinie des élections et l’aggravation de la répression envers la société civile.

Le Haut-Commissaire s’inquiète particulièrement des « lois récemment adoptées qui risquent d’entraver durablement le respect des droits humains au Mali ». Il exhorte les autorités de transition à agir rapidement pour abroger ces textes jugés problématiques.

Illustration de la crise politique au Mali avec des manifestations et des symboles électoraux

Un mandat présidentiel sans limite et des arrestations politiques

En juillet 2025, le général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir depuis 2021, a promulgué une loi lui accordant un mandat présidentiel illimité, devenant ainsi président de la République de facto. Selon Volker Türk, ces modifications juridiques « ferment toute possibilité d’élections démocratiques au Mali dans un avenir proche, en violation du droit de chaque citoyen à participer aux affaires publiques ». Il appelle à l’abrogation immédiate de ces mesures.

Par ailleurs, la dissolution des partis politiques a été officialisée en mai 2025. Ce dossier est désormais entre les mains de la Cour constitutionnelle malienne.

Appel à la libération des opposants et fin de l’instrumentalisation de la loi

L’ONU s’alarme également de l’augmentation des arrestations arbitraires. Des personnalités comme le militant anti-corruption Clément Dembélé ou l’ex-Premier ministre Choguel Maïga ont été placées en détention. Volker Türk souligne que ces emprisonnements, souvent basés sur des accusations floues d’atteinte à la crédibilité de l’État, visent simplement à museler toute opposition. « La détention de personnes pour avoir exprimé leurs opinions est inacceptable », déclare-t-il, exigeant leur libération immédiate et inconditionnelle. Il insiste sur la nécessité de mettre fin à l’utilisation abusive de la loi contre la dissidence.