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Crise au Mali : les droits humains en danger sous le gouvernement actuel

Publié le 11 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

crise au Mali : les droits humains en danger sous le gouvernement actuel

Entre enlèvements ciblés, discours de haine et répression des opposants, la situation des droits fondamentaux au Mali s’aggrave dangereusement. Des personnalités politiques et des défenseurs des libertés disparaissent dans des circonstances troubles, tandis que les appels à la violence se multiplient. Face à cette escalade, la communauté internationale observe avec inquiétude.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

des enlèvements inquiétants à Bamako

Les nuits du 2 au 5 mai 2026 ont été marquées par une série d’enlèvements troublants à Bamako. Trois figures majeures de la scène politique malienne ont été arrachées à leur quotidien par des hommes armés et encagoulés, roulant dans des véhicules sans plaque d’immatriculation. Parmi les victimes, on compte Me Mountaga Tall, avocat historique de la démocratie malienne, Moussa Djiré alias Abba, leader du mouvement Yiriba 223, et Youssouf Daba Diawara, ancien membre influent de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS). À ce jour, leurs conditions de détention et leur sort restent totalement inconnus.

Ces méthodes rappellent étrangement les agissements attribués à l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), déjà pointée du doigt pour des cas similaires depuis 2021. Pourtant, aucune enquête judiciaire n’a été ouverte pour élucider ces disparitions.

une dérive sécuritaire aux conséquences dramatiques

Les propos tenus par Me Drissa Traoré, secrétaire général de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), sont sans équivoque : « Ces disparitions forcées constituent une nouvelle étape dans la répression des voix dissidentes au Mali. Les autorités doivent immédiatement révéler où se trouvent les personnes enlevées, garantir leur sécurité et lancer des investigations indépendantes ». Il ajoute : « Utiliser les enlèvements et les appels à la haine pour répondre à la crise sécuritaire est une trahison de l’état de droit. La lutte contre le djihadisme ne saurait justifier l’abandon des principes démocratiques. »

la montée alarmante des discours de haine et des intimidations

La FIDH tire la sonnette d’alarme face à l’escalade des discours de haine et des appels à la violence émanant de comptes proches des cercles du pouvoir. Journalistes en exil, défenseurs des droits humains et leurs familles subissent des menaces de mort, des campagnes de diffamation et des pressions intolérables. Certains appellent même à la déchéance de nationalité pour les opposants vivant à l’étranger.

Lors des obsèques du général Sadio Camara, ministre de la Défense tué lors des attaques des 25 et 26 avril, Aboubacar Sidiki Fomba, membre du Conseil national de transition (CNT), a publiquement lancé : « Il faut tuer ces traîtres » et « les priver de leur nationalité ». Malgré un communiqué du procureur condamnant ces incitations, aucune action concrète n’a été engagée contre leurs auteurs.

Ces dérives s’inscrivent dans un contexte de restriction accrue de l’espace civique, amorcé après les coups d’État de 2020 et 2021. En mai 2025, les partis politiques ont été dissous, en totale contradiction avec les dispositions constitutionnelles maliennes.

un appel à la communauté internationale

Les attaques des 25 et 26 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA), ont causé la mort de nombreux civils et militaires. La FIDH condamne sans réserve ces exactions, tout comme les graves violations du droit international humanitaire perpétrées par ces groupes. Elle dénonce également les attaques menées par des membres présumés du JNIM contre des villages comme Kori-kori et Gomossogou, dans la région de Bandiagara, le 6 mai, où des civils ont été pris pour cibles.

La Fédération exhorte toutes les parties au conflit à respecter scrupuleusement les droits humains et le droit international humanitaire. Elle appelle la communauté internationale à redoubler d’efforts pour trouver des solutions durables à la crise sécuritaire et politique qui secoue le Sahel. L’objectif ? Protéger les populations civiles prises au piège entre les groupes armés et les forces armées maliennes, et préserver les droits fondamentaux.

des mesures urgentes pour mettre fin à l’impunité

La FIDH exige des autorités maliennes qu’elles mettent un terme immédiat aux disparitions forcées, aux détentions arbitraires et aux intimidations visant les opposants. Elle réclame également l’ouverture d’enquêtes impartiales sur les appels publics à la violence et les menaces de mort relayées en ligne. Sans une réponse forte et immédiate, la crédibilité de l’état de droit au Mali risque de s’effondrer définitivement.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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