conflit politique en rdc : une journée ville morte pour contrer la révision constitutionnelle de tshisekédi
La tension politique en République démocratique du Congo (RDC) s’intensifie autour du projet de révision constitutionnelle porté par le président Félix Tshisékédi. Ce dernier pourrait briguer un troisième mandat, une initiative vivement contestée par l’opposition et la société civile. Pour marquer leur opposition, ces acteurs ont convié les Congolais à une journée « ville morte » le 3 juin dernier, un appel largement suivi. Kinshasa, d’ordinaire animée, a ainsi connu un ralentissement notable, avec la fermeture de la majorité des commerces.
le rapport de forces déterminera l’issue de la révision constitutionnelle en rdc
L’opposition, encouragée par le succès de cette mobilisation, compte maintenir la pression pour faire reculer le chef de l’État. Pourtant, Félix Tshisékédi semble déterminé à poursuivre son objectif. Pour contourner les limites constitutionnelles, il privilégie la voie référendaire, une stratégie déjà observée sur le continent, où les scrutins sont rarement perdus par les dirigeants en place.
Le pouvoir congolais riposte en mobilisant ses soutiens. Des leaders religieux favorables au changement constitutionnel appellent à une manifestation de rue prévue le 5 juin pour exprimer leur adhésion au président. La bataille autour de la révision constitutionnelle s’annonce donc comme un duel de forces entre le gouvernement et ses détracteurs. Si le rapport de forces lui est favorable, le projet pourrait aboutir ; dans le cas contraire, il pourrait être abandonné.
tshisekédi face à ses anciennes critiques : un virage politique controversé
Cette situation rappelle étrangement les événements de 2018, lorsque Félix Tshisékédi, alors opposant, s’était opposé à la volonté de Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. La mobilisation populaire avait alors contraint Kabila à renoncer, avant qu’il ne soutienne un candidat de remplacement, finalement battu. Aujourd’hui, Tshisékédi semble reproduire les mêmes schémas, alors que le pays fait face à une crise sécuritaire majeure dans sa partie orientale, où l’autorité de Kinshasa est contestée. À cela s’ajoute une épidémie d’Ebola toujours active, aggravant la situation sanitaire et sociale.
Plutôt que de se concentrer sur les urgences nationales, le président Tshisékédi semble s’engager dans une stratégie risquée. Des voix influentes, comme celles de certains leaders religieux, l’avaient pourtant exhorté à engager un dialogue inclusif pour résoudre les crises multidimensionnelles que traverse la RDC. Plusieurs mois après cet appel, aucune avancée notable n’a été enregistrée. Cette inertie interroge : Tshisékédi agit-il par excès de confiance ou ignore-t-il les leçons de l’histoire africaine, où les dirigeants qui jouent avec les institutions finissent souvent par en payer le prix ?