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Conflit politique au Sénégal : le conseil constitutionnel bloque la réforme du pastef

Publié le 10 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

réforme constitutionnelle au Sénégal : une décision historique du conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu hier une décision majeure en invalidant la réforme institutionnelle portée par la majorité parlementaire du Pastef. Cette réforme, qui visait à rééquilibrer les pouvoirs entre les institutions, a été jugée contraire à la Constitution par la plus haute instance judiciaire du pays. Le texte, adopté par l’Assemblée nationale où le parti au pouvoir dispose d’une majorité confortable, se heurte désormais à un blocage constitutionnel.

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Deux irrégularités majeures ont été pointées par le Conseil : l’absence de financement prévu pour la future Cour constitutionnelle, ainsi que le non-respect de certaines procédures parlementaires lors de l’examen des amendements gouvernementaux. Saisi par le président Bassirou Diomaye Faye lui-même, l’institution a confirmé que la réforme ne respectait pas les exigences légales.

une réforme contestée et ses conséquences politiques

Portée par les partisans d’Ousmane Sonko, la réforme avait pour objectif affiché de renforcer les équilibres institutionnels. Pourtant, elle a rapidement suscité des débats houleux au sein de la classe politique. Adji Diarra Mergane Kanouté, ex-députée et présidente de la coalition Ensemble Demain, a salué cette décision tout en rappelant que la porte n’était pas définitivement fermée :

« Le rejet du texte par le Conseil constitutionnel marque un coup d’arrêt à la réforme, mais cela ne signifie pas que l’Assemblée nationale ne pourra pas en proposer une nouvelle, à condition de respecter scrupuleusement les procédures. Par exemple, la création d’une Cour constitutionnelle ou l’organisation d’élections doivent s’accompagner de recettes compensatrices, conformément à l’article 82 de la Constitution. Par ailleurs, le Conseil a relevé que l’Assemblée n’a pas appliqué la procédure de vote bloqué à la demande du gouvernement, en violation de l’alinéa quatre du même article. »

Elle a également souligné que cette décision rappelle que, même en cas de majorité parlementaire, le respect des règles et des consensus reste essentiel dans une République.

renforcement des enquêtes parlementaires : une autre pomme de discorde

Parmi les dispositions les plus controversées de la réforme figuraient les mesures visant à élargir les prérogatives des députés en matière de contrôle des contrats liés à l’exploitation des ressources naturelles. Si cette mesure avait pour but d’accroître la transparence, elle a également été perçue comme une tentative d’étendre l’influence du Parlement sur des domaines jusqu’alors réservés.

Les réactions politiques ont été immédiates. Ousmane Sonko a reconnu la décision du Conseil constitutionnel dans un message publié sur les réseaux sociaux, tandis que la coalition présidentielle a mis en avant le bon fonctionnement des institutions et la nécessité de poursuivre le dialogue sur les réformes. Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, a salué l’arbitrage du Conseil, estimant qu’il rappelait l’importance d’un processus inclusif :

« En tant que membre de la société civile, je considère cette décision comme une initiative positive. Initialement, le processus de cette réforme manquait de dialogue et de consensus. Il semblait que seul un parti politique tentait de modifier des dispositions constitutionnelles sans consultation préalable. Le Conseil constitutionnel nous rappelle ainsi que, même avec une majorité, il est indispensable de tenir compte des avis de tous. »

un climat politique tendu entre Sonko et Faye

Cette décision survient dans un contexte de tensions croissantes entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Écarté de la Primature en mai dernier, Sonko a depuis rebondi en prenant la présidence de l’Assemblée nationale. Cependant, les divergences entre les deux figures du Pastef s’affichent désormais au grand jour. Récemment, Sonko évoquait même une situation de « cohabitation » avec le chef de l’État, un terme qui reflète la dégradation des relations au sommet du pouvoir.

Pour les observateurs, cette invalidation de la réformeconstitue un nouvel épisode dans la rivalité qui s’installe entre les deux hommes. Cette crise politique pourrait avoir des répercussions durables sur la vie institutionnelle du Sénégal et redessiner les équilibres au sein de la majorité.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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