Chefs djihadistes et séparatistes du Sahel mis à prix par le Mali
Chefs djihadistes et séparatistes du Sahel mis à prix par le Mali

Les autorités maliennes ont lancé une offensive sans précédent contre les figures majeures du terrorisme et du séparatisme au Sahel. Une prime record de 2 milliards de francs CFA est désormais offerte pour la capture d’Iyad Ag Ghaly, leader du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), et ses principaux lieutenants. Cette mesure exceptionnelle intervient dans un contexte de tensions extrêmes après les attaques meurtrières de Kidal et Kati, attribuées à des groupes armés alliés.
Dans un communiqué officiel signé par le général Daoud Aly Mouhammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le gouvernement malien appelle la population à soutenir activement les forces de défense dans l’identification de sept individus considérés comme des menaces vitales pour la nation.
Ce que le gouvernement malien a officiellement annoncé

Les autorités ont révélé les détails de cette traque exceptionnelle dans un communiqué diffusé à la télévision nationale. « Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et la protection de la sécurité nationale, le gouvernement de la République du Mali offre une récompense financière à toute personne fournissant des informations fiables et exploitables pour l’arrestation ou la neutralisation des individus suivants », a déclaré le ministère.
Les montants proposés reflètent l’urgence de la situation :
- Iyad Ag Ghaly, chef du GSIM (JNIM) : 2 milliards FCFA
- Amadou Koufa et Abdoulaye Mohamed (Habib), leaders de la katiba Macina : 1,5 milliard FCFA chacun
- Algabas Ag Intallah, figure clé du Front de libération de l’Azawad : 1 milliard FCFA
- Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, responsables du FLA : 500 millions FCFA chacun
Cette initiative s’inscrit directement dans la foulée des attaques coordonnées du 25 avril, où des djihadistes du GSIM et des séparatistes du FLA ont frappé simultanément Kidal et Kati, causant la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara.
Portrait d’Iyad Ag Ghaly, ennemi public n°1 du Mali

Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly incarne une menace complexe pour Bamako. Son parcours, marqué par l’engagement armé dès les années 1970 en Libye sous Kadhafi, puis la création de mouvements rebelles touaregs dans les années 1990, a évolué vers un projet djihadiste radical.
Dans les années 2000, il se rapproche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), avant de fonder Ansar Dine en 2012. En 2017, il unifie plusieurs factions sous la bannière du GSIM, devenant ainsi le leader incontesté d’une coalition affiliée à Al-Qaïda, active au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Selon les analystes du Timbuktu Institute, sa stratégie a radicalement changé. « Il ne se contente plus de combats conventionnels. Son objectif est désormais de paralyser l’économie malienne en bloquant les axes routiers, sabotant les infrastructures énergétiques et coupant les approvisionnements », explique le think tank dirigé par Dr Bakary Sambe. « En asphyxiant Bamako, il cherche à provoquer un effondrement interne du régime ».
Le GSIM, sous son commandement, est aujourd’hui l’un des groupes terroristes les plus redoutés du Sahel, responsable d’attaques répétées contre les forces de sécurité et les civils. Un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI) le vise pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité entre 2012 et 2013.
Avec cette prime record, les autorités maliennes envoient un signal fort : Iyad Ag Ghaly n’est plus seulement un chef de guerre en cavale, mais une cible prioritaire dont la neutralisation pourrait changer le cours du conflit.