Burkina Faso : une stratégie ambitieuse pour booster l’aquaculture nationale

À Ouagadougou, les professionnels de l’aquaculture au Burkina Faso ont récemment adopté une série de documents stratégiques conçus pour encadrer et accélérer le développement du secteur. Ces outils, validés lors d’une réunion tenue début juin, incluent un diagnostic complet de la filière, une feuille de route d’investissement et un guide pratique destiné aux acteurs publics et privés.

Des outils stratégiques pour un secteur en pleine mutation

Le diagnostic sectoriel révèle à la fois les atouts et les défis du Burkina Faso en matière d’élevage aquatique. Il met en avant le potentiel inexploité des ressources hydriques du pays et identifie les priorités pour une exploitation durable. La feuille de route d’investissement, quant à elle, détaille les besoins financiers et les mécanismes de mise en œuvre pour concrétiser ces ambitions. Enfin, le guide opérationnel vise à accompagner les porteurs de projets, qu’ils soient publics ou privés, dans le montage et la gestion de leurs initiatives.

Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer la résilience des communautés sahéliennes. En s’appuyant sur une gestion durable des terres et des ressources en eau, le programme Sahel RESILAND cherche à diversifier les activités économiques en milieu rural. L’objectif ? Créer des emplois stables et améliorer durablement le quotidien des populations locales.

L’aquaculture au cœur des politiques de développement rural

Le pilier « connaissances » de ce programme joue un rôle clé en fournissant des analyses précises pour éclairer les décisions publiques. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’initiative Africa Sustainable Aquaculture, qui couvre plusieurs pays de la région, dont le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Son rôle ? Produire des diagnostics nationaux détaillés et proposer des trajectoires d’investissement adaptées aux réalités locales pour un développement durable du secteur.

Les travaux réalisés ont permis de dresser un état des lieux complet de la filière aquacole burkinabè. Ils révèlent non seulement les opportunités de croissance, mais aussi les obstacles structurels à surmonter. Les documents adoptés lors de cette réunion devraient ainsi servir de référence pour les politiques publiques et les investissements privés dans les années à venir.

Un potentiel halieutique à exploiter pleinement

Lors de la cérémonie de validation, le Chargé d’études au Secrétariat général du ministère en charge de l’Agriculture, de l’Eau et des Ressources animales et halieutiques, Issiaka Zouri, a salué l’engagement des acteurs impliqués. Il a souligné que cette démarche s’aligne parfaitement avec les objectifs nationaux, notamment ceux portés par l’Offensive agropastorale et halieutique.

Selon lui, le Burkina Faso dispose d’un atout majeur : des ressources en eau abondantes et un potentiel halieutique largement sous-exploité. La concrétisation des orientations issues de ces travaux devrait permettre de structurer davantage le secteur, d’augmenter la production locale de poisson et d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Par ailleurs, cette dynamique est porteuse de nouvelles opportunités économiques, particulièrement pour les jeunes et les femmes des zones rurales.