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Burkina Faso : libération de journalistes emprisonnés illégalement

Publié le 31 juillet 202525 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Une avancée pour la liberté de la presse au Burkina Faso

En juillet 2025, les autorités du Burkina Faso ont marqué un tournant en libérant cinq journalistes et un militant des droits humains, contraints d’intégrer l’armée après avoir critiqué le régime militaire. Cette décision, bien que positive, met en lumière la persistance de disparitions forcées et de détentions arbitraires dans le pays.

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Des arrestations arbitraires et des disparitions inquiétantes

Le 24 mars 2024, à Ouagadougou, trois membres de l’Association des journalistes du Burkina (AJB) — Guezouma Sanogo, Boukari Ouoba et Phil Roland Zongo — ainsi que Luc Pagbelguem, journaliste à BF1 TV, ont été arrêtés pour avoir dénoncé les restrictions imposées à la liberté d’expression par la junte. Une vidéo diffusée en avril 2024 les montrait en uniforme militaire, confirmant leur conscription forcée. Phil Roland Zongo a été libéré après quatre mois de détention illégale, tandis que les autres ont été relâchés en juillet 2025.

Le 18 juin 2024, Kalifara Séré, commentateur sur BF1 TV, a disparu après avoir été interrogé par le Conseil supérieur de la communication (CSC) au sujet de ses doutes sur des images du chef de l’État. En octobre 2024, les autorités ont reconnu son enrôlement forcé, aux côtés de deux autres journalistes : Serge Oulon et Adama Bayala. Leurs localisations restent inconnues à ce jour.

Le 29 novembre 2023, Lamine Ouattara, membre du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), a également été enlevé à son domicile par des agents des services de renseignement. Son cas illustre la stratégie de répression systématique menée par la junte.

Une stratégie de répression déguisée en conscription

Human Rights Watch a révélé l’utilisation abusive d’une loi d’urgence par la junte pour enrôler de force des journalistes, militants et magistrats critiques envers le pouvoir. Bien que la conscription soit légale pour les civils adultes, elle doit respecter des règles strictes : information claire sur la durée du service, possibilité de contestation et absence de coercition. Or, au Burkina Faso, ces principes sont systématiquement bafoués.

Les autorités burkinabè sont appelées à libérer immédiatement tous les détenus encore emprisonnés illégalement et à mettre fin à l’instrumentalisation de l’armée contre les voix dissidentes.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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