Blocus à Bamako : le transport routier en difficulté face aux jihadistes
Manifestations à Bamako le 26 avril 2026

Depuis le 30 avril, le Mali fait face à une crise majeure. Une dizaine d’entreprises de transport routier ont décidé de suspendre leurs liaisons vers Bamako. Cette décision s’inscrit dans un contexte de blocus imposé par des groupes armés jihadistes, qui multiplient les attaques sur les axes routiers stratégiques.

Une dizaine de compagnies de transport suspendent leurs liaisons vers Bamako

Plus d’une dizaine de sociétés de transport routier ont annoncé l’arrêt temporaire de leurs activités au départ et à destination de Bamako. Cette mesure vise à protéger les passagers et à éviter des pertes financières après des attaques ciblées menées par des groupes jihadistes. Selon un responsable d’une agence de transport, six bus ont été incendiés samedi dernier sur la route de Ségou, en Côte d’Ivoire.

Les compagnies concernées ont pris cette décision pour des raisons de sécurité. Certaines ont même arrêté leurs trajets sans préavis, par crainte de représailles des autorités maliennes, qui pourraient les obliger à maintenir leurs services. Aujourd’hui, seuls quelques minibus circulent encore vers Bamako, empruntant des itinéraires détournés pour éviter les zones à risque.

Un blocus routier qui aggrave la situation à Bamako

Depuis le 30 avril, les jihadistes imposent un blocus routier autour de Bamako. Cette stratégie prive la capitale, fortement dépendante des importations par la route, de denrées essentielles. Plusieurs axes majeurs sont désormais inaccessibles, aggravant les difficultés logistiques et économiques du pays.

Les conséquences se font déjà sentir. À Bamako, les files d’attente s’allongent devant les stations-service, où le gasoil devient quasi introuvable. Selon l’AFP, des centaines de citernes de carburant ont pu entrer dans la ville via l’axe reliant Bamako à la Côte d’Ivoire, mais les stocks restent insuffisants. Par ailleurs, des convois de marchandises et des bus de transport ont été incendiés par les groupes armés ces derniers jours.

Pénuries d’électricité et d’eau potable à Bamako

La situation se dégrade également sur le plan énergétique et sanitaire. Depuis plusieurs jours, Bamako subit des coupures d’électricité de plus en plus fréquentes. Un habitant a témoigné avoir passé 72 heures sans courant avant une brève reprise de trois heures. La société Énergie du Mali (EDM) évoque des perturbations majeures liées à des actes de sabotage attribués aux jihadistes, qui ciblent délibérément le réseau électrique.

Les délestages perturbent également l’alimentation en eau potable. La Société malienne de gestion de l’eau potable a annoncé des perturbations dans plusieurs communes de la capitale, aggravant les conditions de vie des habitants.

Face à cette crise, les autorités maliennes tentent de maintenir un approvisionnement minimal, mais les défis logistiques restent immenses. Le blocus imposé par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et de la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA) continue de fragiliser davantage la situation.