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Autochtonie et allochtonie au Cameroun : un débat qui divise sans fondement

Publié le 9 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Selon Oscar Njiki, la Constitution garantit l’égalité des citoyens. Les droits ne varient pas selon l’origine mais selon la citoyenneté. L’autochtonie est une identité culturelle, non un privilège juridique.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Voici son analyse en cinq points :

1) Est-on autochtone partout au Cameroun en tant que citoyen camerounais ?

Non. L’autochtonie n’est pas un attribut universel lié à la nationalité. Elle s’ancre dans la mémoire, la filiation et l’histoire. Acheter une parcelle, s’installer et investir ne suffit pas pour devenir autochtone. Les peuples autochtones entretiennent un lien ontologique avec leurs terres, qui sont le prolongement de leur identité. Les droits coutumiers ne se transfèrent pas par une simple vente ; ils disparaissent avec la cession.

On ne peut pas être autochtone partout.

2) Faut-il nécessairement être autochtone pour espérer être chez soi ?

Non. La citoyenneté dépasse l’autochtonie. Chaque Camerounais est chez lui sur tout le territoire. Sa légitimité ne tient pas à ses origines mais à son appartenance à la nation. Être Camerounais donne droit de cité à Yaoundé, Bangangté, Maroua, sans condition d’autochtonie.

Chaque citoyen camerounais est chez lui partout au Cameroun.

3) Un autochtone est-il partout chez lui dans son village ?

Non. Dans le village aussi, l’espace est organisé par la propriété. Chacun a ses terres, ses maisons, ses champs. L’autochtonie ne permet pas d’entrer chez autrui ni de s’approprier ses biens. Un allogène propriétaire est chez lui dans le village de l’autochtone, car la possession est un droit légal.

L’autochtonie ne donne pas tous les droits aux autochtones, l’allochtonie n’enlève pas les droits des allogènes.

4) Un autochtone a-t-il plus de droits dans son village qu’un allogène ?

Non. La loi est unique et indivisible. La Constitution garantit l’égalité des citoyens. Les droits sont liés à la citoyenneté, pas à l’origine. L’autochtonie est culturelle, pas juridique.

Autochtones et allogènes sont égaux devant la loi.

5) Exception : certaines fonctions réservées aux autochtones

Exception : la loi réserve quelques postes, comme maire de la ville ou président du Conseil régional, aux autochtones. Pour les autres mandats électifs (députés, maires, conseillers), aucune condition d’autochtonie n’est requise.

La loi réserve deux fonctions aux autochtones, mais tous les autres postes électifs sont ouverts à tous les citoyens, autochtones comme allogènes.

En fin de compte, le débat sur l’autochtonie et l’allochtonie mène à une impasse. Il enferme les citoyens dans des appartenances divisées et détourne le regard de l’essentiel : notre avenir collectif. Ce qui compte, ce n’est pas la compétition des origines mais la convergence des destins. L’autochtonie et l’allochtonie ne doivent pas servir d’armes de division, mais être comprises comme des réalités culturelles au sein d’une République une et indivisible. Nous devons regarder tous dans la même direction, comme les enfants d’une même nation, et non comme des micro-États rivaux à l’intérieur du pays. Car l’avenir du Cameroun ne se construira pas dans la fragmentation, mais dans l’unité, la solidarité et la conscience partagée d’un destin commun.

— Oscar Njiki

Par Zara Hassane — Grand reporter

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