Arrestation controversée d’un imam au Burkina Faso : tensions autour d’un projet de loi sur les cultes

arrestation controversée d’un imam au Burkina Faso : tensions autour d’un projet de loi sur les cultes

Manifestation de fidèles après l'arrestation d'un imam au Burkina Faso

L’arrestation de l’imam Mohamed Kindo, figure influente de la communauté sunnite de Bobo-Dioulasso, a déclenché une vague de réactions dans tout le pays. Mardi dernier, vers 14 heures, les forces de l’ordre l’ont interpellé dans des circonstances qui restent floues, alors qu’un projet de loi controversé sur l’encadrement des cultes est au cœur des débats.

Ce texte, adopté en Conseil des ministres le 19 mars, suscite une vive opposition, notamment parmi les fidèles musulmans. Il prévoit notamment l’interdiction de la pratique religieuse dans les lieux publics comme les administrations, les hôpitaux ou les casernes. Une mesure perçue comme une atteinte aux libertés fondamentales par une partie de la population.

L’imam Kindo n’est pas le premier à être visé par les autorités. Début avril, un autre religieux de Bobo-Dioulasso, Mahmoud Barro, avait déjà été interpellé dans des conditions similaires. Le 31 mars dernier, Mahamadi Baguian, militant pro-gouvernemental, est décédé après son interpellation par la police à Ouagadougou, ajoutant à la méfiance envers les actions des forces de l’ordre.

Les critiques de l’imam Kindo à l’encontre du projet de loi ont suffi à déclencher son arrestation, à la veille de la Tabaski. Les rues de la capitale se sont rapidement remplies de fidèles en colère, provoquant des heurts avec les forces de l’ordre. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser la foule, marquant une nouvelle escalade des tensions entre les autorités et les communautés musulmanes.