Washington interpelle l’ONU sur la situation des enfants en Rdc

Les États-Unis ont une nouvelle fois saisi le Conseil de sécurité des Nations Unies pour dénoncer les violations graves commises contre les enfants en République démocratique du Congo. Lors de la 10 182e session consacrée aux enfants dans les conflits armés, l’ambassadrice américaine Jennifer Locetta, représentante suppléante pour les affaires politiques spéciales, a souligné que les plus jeunes paient le plus lourd tribut des guerres qui ravagent plusieurs régions.

« Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité », a martelé la diplomate, reprenant un message porté précédemment par Melania Trump lors d’une réunion du Conseil de sécurité.

La Rdc, une préoccupation majeure

Dans son intervention, Jennifer Locetta a cité la République démocratique du Congo comme l’un des pays où les atteintes aux droits des enfants sont les plus alarmantes. Les États-Unis condamnent fermement ces exactions, estimant que les enfants congolais restent les premières cibles des affrontements entre groupes armés dans l’est du territoire.

« Dans les zones de conflit, les enfants subissent de nombreuses menaces. En Rdc, des millions d’entre eux sont exposés à la violence, aux déplacements forcés et aux violences sexuelles liées au conflit, perpétrées par divers groupes armés. Nous condamnons ces actes et, sous la présidence de Trump, les États-Unis continuent de faire de la paix une priorité », a-t-elle déclaré.

Les enfants, premières victimes des guerres

L’ambassadrice a rappelé que les enfants ne sont pas seulement des dommages collatéraux, mais qu’ils sont souvent directement ciblés. Les conflits compromettent aussi leur accès à une éducation sûre, perpétuant un cercle vicieux de pauvreté et d’instabilité.

« Trop souvent, la guerre prive les enfants d’une éducation fiable, leur ferme les portes de l’avenir et mine leurs perspectives. Cela engendre un cycle de pauvreté qui se transmet de génération en génération, alimentant de nouveaux conflits. Partout, les enfants méritent sécurité, éducation et avenir. Les protéger, c’est préserver notre avenir collectif », a-t-elle ajouté.

Critiques du rapport onusien

La représentante américaine a également critiqué le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU sur les enfants et les conflits armés, estimant qu’il n’améliore pas la protection des enfants dans les zones de guerre. Selon elle, le document présente « une vision erronée des dommages causés aux civils au regard du droit de la guerre ».

« Ce rapport conforte notre décision de nous retirer du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés. Il nuit à sa crédibilité en assimilant à tort les actions des forces armées américaines à celles des terroristes houthis. La protection des enfants reste une priorité pour les États-Unis. Nous appelons à des mesures concrètes pour empêcher leur implication dans les conflits. Des rapports politisés et inexacts n’atteindront pas cet objectif », a-t-elle lancé.

Un appel à l’action internationale

Au-delà de la Rdc, Washington a évoqué les situations au Soudan, en Ukraine et en Haïti, exhortant toutes les parties à mieux protéger les enfants contre les violences, les déplacements forcés et les violations graves. Les effets du conflit en Rdc se manifestent à travers six violations graves : le recrutement et l’utilisation d’enfants, les meurtres et atteintes à l’intégrité physique, les viols et violences sexuelles, les attaques contre les écoles et hôpitaux, les enlèvements et le refus d’accès à l’aide humanitaire.

La situation s’est aggravée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui occupe de vastes portions du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les initiatives diplomatiques américaines, qataries et de l’Union africaine.