Visite officielle du président gabonais Brice Oligui Nguema en France : les enjeux clés à Paris

visite officielle du président gabonais Brice Oligui Nguema en France : les enjeux clés à Paris

Le président gabonais Brice Oligui Nguema lors d'une réunion

La visite d’État du président gabonais Brice Oligui Nguema en France s’annonce riche en échanges stratégiques. Lors de cette rencontre avec son homologue français, les discussions porteront sur plusieurs dossiers majeurs, notamment les accords conclus à Libreville en novembre 2025. Ces engagements, issus du dernier déplacement d’Emmanuel Macron au Gabon, seront au centre des pourparlers.

Le Gabon insiste depuis des mois sur la nécessité de transformer localement son manganèse, extrait par Comilog, filiale du groupe français Eramet. Les autorités gabonaises ont fixé une échéance stricte : à partir de janvier 2029, tout le minerai devra subir une première transformation sur place avant d’être exporté. Si la France se dit globalement favorable à ce principe, des négociations sont en cours pour ajuster le calendrier, jugé trop ambitieux compte tenu des investissements requis, notamment dans les infrastructures industrielles et énergétiques.

« C’est précisément l’objet de ce déplacement du chef de l’État gabonais », a précisé le porte-parole de la présidence Oligui Nguema en fin de semaine dernière. Les deux dirigeants devraient également évoquer l’avenir de la base militaire française de Libreville. Un accord signé avec Suez pour l’approvisionnement en eau potable de la capitale gabonaise, évalué à 120 milliards de francs CFA, fait l’objet de blocages persistants.

Coopération militaire et diversification des partenariats

Sur le plan sécuritaire, Libreville réclame un désengagement progressif des forces françaises. Parmi ses demandes figurent le transfert du titre foncier du Camp de Gaulle, ancienne base militaire française, ainsi que sa renomination. À terme, la coopération bilatérale devrait se concentrer sur la formation des troupes gabonaises. Par ailleurs, le Gabon affirme vouloir diversifier ses alliances internationales, en s’appuyant sur des partenaires comme la Chine, la Turquie ou encore l’Inde. Malgré cette ouverture, la France reste le principal partenaire diplomatique du pays.

Dette publique et stabilité économique

Bien que non officiellement mentionnée à l’ordre du jour, la dette publique du Gabon constituera un sujet de discussion crucial. Avec un endettement dépassant 70 % du PIB, Libreville a lancé un audit complet dont les résultats sont attendus pour juillet 2026. Parallèlement, le Gabon cherche à finaliser un programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Cependant, début juillet, des retards dans la transmission de certains documents ont été signalés par des sources internes à l’institution.

Une solution financière coordonnée avec les institutions internationales est activement encouragée par la France, qui préside actuellement le Club de Paris. Cette dette, qui préoccupe également les pays de la sous-région, pèse sur les équilibres monétaires et fait peser un risque de déstabilisation du Franc CFA.