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Vers une fin définitive du travail des enfants au Maroc : les recommandations du CESE

Publié le 1 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Malgré les avancées significatives réalisées par le Maroc au cours des deux dernières décennies, l’emploi des mineurs demeure une problématique sociale majeure. Bien que le nombre de jeunes exerçant une activité économique ait chuté de plus de 80 % depuis 1999, le phénomène persiste, particulièrement dans le secteur informel et les métiers à risques. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) s’est saisi de cette question et a présenté, ce mardi 1er juillet à Rabat, un avis stratégique visant l’éradication totale de cette pratique.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Un constat lucide sur la situation actuelle

Lors de la présentation du rapport intitulé « Pour une politique publique effective d’éradication du travail des enfants au Maroc », le président du CESE, Abdelkader Amara, a souligné que 78 % des citoyens consultés estiment que cette pratique reste encore très répandue dans le pays. Ce sentiment général a poussé l’institution à évaluer les dispositifs existants et à proposer des leviers d’action inédits.

Le président a rappelé les progrès législatifs notables, notamment l’interdiction stricte du travail avant 15 ans et l’encadrement rigoureux des tâches dangereuses pour les adolescents de 16 à 18 ans. Les chiffres officiels illustrent cette évolution positive : le nombre de travailleurs âgés de 7 à 17 ans est passé de 517 000 en 1999 à environ 101 000 en 2024.

Des défis structurels et sociaux persistants

Si l’effort accompli est considérable, le CESE précise que l’objectif d’une éradication complète n’est pas encore atteint. Plusieurs facteurs structurels expliquent cette résistance, tels que le poids de l’économie informelle et la vulnérabilité socio-économique de nombreuses familles. Pour Abdelkader Amara, la place naturelle d’un enfant se situe à l’école et dans les espaces d’éducation, le travail précoce compromettant gravement son développement physique et psychologique.

La perception citoyenne apporte un éclairage supplémentaire sur la réalité du terrain :

  • 27 % des sondés observent des enfants dans l’espace public (commerce ambulant, lavage de voitures, port de charges lourdes).
  • 22 % évoquent des situations alarmantes comme la mendicité organisée, l’exploitation sexuelle ou l’implication dans des trafics illicites.

L’urgence est d’autant plus grande que près de 60 % des mineurs en activité occupent des postes jugés dangereux.

Les pistes pour une réforme profonde

Pour remédier durablement à cette situation, le CESE formule plusieurs recommandations clés :

  • Une révision globale du Code du travail.
  • L’actualisation du décret relatif aux travaux interdits aux mineurs.
  • Le relèvement de l’âge minimum d’accès à l’emploi à 16 ans, afin de garantir une cohérence avec la fin de la scolarité obligatoire.

Enfin, une nouvelle dynamique de coopération s’est mise en place entre le CESE et l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), présidé par la Princesse Lalla Meryem. Ce partenariat vise à intensifier les actions de prévention et de protection pour mettre fin à un phénomène qui, selon le président de l’institution, ne correspond plus au rang et aux progrès du Maroc moderne.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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