Session parlementaire au Tchad : sécurité et réformes au cœur des débats

Le Congrès du Parlement tchadien entame sa session ordinaire entre enjeux sécuritaires et réformes institutionnelles

Le Congrès du Parlement tchadien en session à N'Djamena

La capitale N’Djamena a accueilli ce jour une cérémonie solennelle marquant le lancement officiel de la session ordinaire du Congrès du Parlement tchadien. Sous la présidence d’Ali Kolotou Tchaïmi, cette rencontre s’est tenue dans un contexte où sécurité et stabilité institutionnelle dominent les priorités nationales.

Hommages et reconnaissance nationale

Dès les premiers mots de son discours, le président du Congrès a tenu à saluer le courage des militaires tchadiens tombés lors d’affrontements récents contre les groupes armés dans la province du Lac. « Ces héros ont sacrifié leur vie pour que notre pays reste debout », a-t-il déclaré, la voix chargée d’émotion. Une minute de silence a été observée en mémoire des victimes, qu’elles soient des forces de sécurité ou des civils pris dans les violences intercommunautaires.

Le président du Congrès a également rendu un vibrant hommage à la députée Haoua Outman Djame, disparue en mars dernier. « Son engagement sans faille pour les valeurs républicaines restera une référence pour les générations futures », a-t-il souligné, rappelant son rôle clé au sein de l’hémicycle.

Deux priorités majeures pour cette session

Les débats s’articuleront autour de deux dossiers cruciaux. Le premier concerne la modernisation du règlement intérieur du Congrès, afin d’aligner ses procédures sur les nouvelles dispositions de la Constitution révisée en 2023. Le second point porte sur la prorogation de l’état d’urgence dans la province du Lac, une mesure temporaire instaurée le 7 mai pour une durée initiale de 21 jours. Le gouvernement sollicite désormais une extension de 45 jours afin de renforcer les opérations de sécurisation et protéger les populations locales.

Diplomatie et engagements internationaux

Le Parlement tchadien voit son influence grandir sur la scène africaine. Ali Kolotou Tchaïmi a salué la récente nomination de la sénatrice Mariam Mahamat Nour à la vice-présidence de la CEEAC, ainsi que l’élection du député Djidda Mamar Mahamat comme troisième vice-président du Parlement panafricain. « Ces distinctions témoignent de la crédibilité grandissante de notre institution », a-t-il commenté avec satisfaction.

Réponse aux allégations internationales

Le président du Congrès n’a pas manqué de réagir aux accusations portées par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU concernant des incidents impliquant des pêcheurs dans la province du Lac. Qualifiant ces allégations de « déformées et infondées », il a réaffirmé son soutien total au président Mahamat Idriss Déby Itno et aux forces engagées dans la lutte antiterroriste.

Appel à la cohésion nationale

Face aux tensions intercommunautaires ayant ébranlé le département du Dar Tama dans la province du Wadi Fira, Ali Kolotou Tchaïmi a lancé un appel pressant au dialogue et à la réconciliation. « Le Tchad ne peut se permettre de nouvelles fractures », a-t-il insisté, exhortant les parties prenantes à privilégier le vivre-ensemble.

En conclusion, le président du Congrès a rappelé aux parlementaires leur responsabilité historique : « Construire un Tchad unifié, sécurisé et prospère doit guider chacune de nos actions ». La session ordinaire a été déclarée ouverte, marquant le début d’un travail législatif intense pour relever les défis du pays.