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L’étau se resserre autour de Bamako : l’attaque de Siby expose les failles de la sécurité au Mali

Publié le 20 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Une interrogation lancinante pèse désormais sur la sécurité de Bamako. Ce mardi 19 mai 2026, à seulement une trentaine de kilomètres de la capitale malienne, la paisible commune rurale de Siby a été le théâtre d’une incursion d’une rare violence. Des dizaines de camions de marchandises, de véhicules de transport et de pick-up de type Hilux ont été systématiquement incendiés par des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Cette opération audacieuse met en lumière une réalité que les discours officiels peinent à dissimuler : un véritable blocus de Bamako est en place, et l’approche militaire adoptée par le pouvoir de transition, avec le soutien de ses alliés russes, semble désormais vaciller.

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L’enfer aux portes de la capitale

En ce mardi après-midi tragique, la route nationale reliant la capitale malienne à la Guinée s’est métamorphosée en un champ de ruines incandescent. Des récits de survivants et de transporteurs locaux décrivent l’arrivée soudaine de dizaines d’hommes armés circulant à moto, qui ont pris d’assaut l’axe routier près de Siby. Sans rencontrer d’opposition significative, ces assaillants ont stoppé les convois et procédé à l’incendie systématique des véhicules.

Le décompte des destructions est effrayant : camions frigorifiques, minibus de transport public et voitures privées ont été réduits en cendres. Les panaches de fumée noire, s’élevant dans le ciel, étaient visibles à des dizaines de kilomètres, semant l’effroi jusqu’aux abords de Bamako. Au-delà des préjudices économiques pour des acteurs commerciaux déjà fragilisés, c’est la dimension symbolique de cette attaque qui résonne avec force. Cibler Siby, site emblématique de la charte de Kouroukan Fouga et haut lieu culturel, envoie un message clair : plus aucun lieu n’est à l’abri au Mali.

Le blocus du JNIM : l’asphyxie méthodique

L’incursion de Siby ne constitue pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans une tactique d’encerclement méthodique, patiemment élaborée et mise en œuvre par le JNIM depuis de longs mois. Ces groupes djihadistes imposent désormais un strict blocus sur la quasi-totalité des routes principales alimentant la capitale du Mali. Que l’on évoque la liaison vers Ségou, l’axe stratégique menant au Sénégal, ou encore la voie du Sud vers la Guinée et la Côte d’Ivoire, chaque déplacement s’apparente à un pari risqué.

Le JNIM y impose sa suprématie, multipliant les points de contrôle éphémères, extorquant les transporteurs et réduisant en cendres les chargements de ceux qui osent défier ses ordres. En étranglant les voies d’approvisionnement vitales de Bamako, ces entités terroristes visent à précipiter un effondrement économique et social. Les tarifs des produits de première nécessité s’envolent sur les marchés bamakois, exacerbant un mécontentement populaire que les autorités de transition peinent à maîtriser, une réalité préoccupante pour l’actualité Sahel francophone.

L’échec de la stratégie du pouvoir et des groupes paramilitaires russes

Face à la recrudescence de cette audace terroriste, le discours officiel vantant la "montée en puissance" des Forces armées maliennes (FAMa) se heurte à la vérité implacable du terrain. Depuis le retrait des contingents internationaux, le pouvoir militaire en place au Mali a fondé une grande partie de sa légitimité sur son partenariat étroit avec les paramilitaires russes, désormais connus sous le nom d’Africa Corps. Pourtant, l’actualité au Mali révèle l’inefficacité manifeste de cette collaboration pour garantir la sécurité des populations.

Ces mercenaires russes, dont les services sont rémunérés à grands frais par les fonds publics maliens, semblent impuissants à prévenir ou à contrer des offensives majeures menées à une trentaine de minutes à peine du palais présidentiel de Koulouba. Leurs tactiques, souvent caractérisées par une brutalité excessive et focalisées sur des représailles ciblées ou la protection d’infrastructures minières, n’apportent pas de solution stratégique face à la nature asymétrique de la guerre menée par les groupes insurgés. Les opérations de patrouille conjointes entre les FAMa et les forces russes souffrent d’un déficit criant en matière de renseignement et de maillage territorial, abandonnant les axes vitaux à la merci du JNIM. La surabondance de la propagande numérique ne suffit plus à masquer la défaillance opérationnelle sur le plan sécuritaire, un sujet central pour l’analyse de la situation du Sahel politique.

L’heure de vérité pour Bamako

L’assaut sur Siby résonne comme un signal d’alarme retentissant. Ignorer cette réalité ne peut plus servir de fondement à une politique de défense cohérente. En permettant au JNIM d’établir un blocus autour de Bamako et de frapper à ses portes, le pouvoir de transition malien et ses partenaires russes dévoilent leurs insuffisances stratégiques. Pour chaque citoyen du Mali, le bilan est amer : la vision d’une souveraineté restaurée et d’une sécurité absolue s’évanouit face à l’image des véhicules calcinés et des voies d’accès nationales interceptées. Pour que Bamako échappe à une asphyxie complète, une réévaluation en profondeur des orientations militaires et des partenariats actuels s’impose comme une impérative question de survie pour l’ensemble du pays.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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