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Sénégal : la réforme du pastef invalidée, sonko face à un recul politique

Publié le 10 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

une décision constitutionnelle qui secoue le Sénégal

Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu un arrêt historique hier, invalidant la réforme institutionnelle portée par la majorité parlementaire du Pastef. Cette décision, qui intervient dans un contexte de tensions politiques accrues, représente un revers majeur pour Ousmane Sonko et son équipe, fragilisant leur position face au président Bassirou Diomaye Faye.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

les deux irrégularités qui ont scellé le sort de la réforme

Le Conseil constitutionnel a pointé deux anomalies majeures dans le texte proposé par le Pastef :

  • l’absence de financement pour la future Cour constitutionnelle, prévue par la réforme ;
  • le non-respect des procédures parlementaires lors de l’examen des amendements gouvernementaux, notamment l’omission du vote bloqué demandé par l’exécutif.

Ces manquements, jugés contraires à la Constitution sénégalaise, ont conduit à l’annulation pure et simple du texte. Une décision prise à la demande même du président Bassirou Diomaye Faye, soulignant l’ampleur des divergences au sein de la majorité présidentielle.

les réactions politiques et les perspectives

La coalition présidentielle a salué cette décision, y voyant une confirmation du bon fonctionnement des institutions. Dr. Binette Ndiaye, coordinatrice du Forum Citoyen, a applaudi l’arbitrage du Conseil constitutionnel, estimant que la réforme avait été portée sans consultation suffisante des différentes forces politiques.

Du côté du Pastef, Ousmane Sonko a reconnu la légitimité de la décision, tout en maintenant une ligne ferme sur la nécessité de poursuivre les réformes. Une position qui reflète les tensions croissantes entre le chef de l’État et l’ancien Premier ministre, écarté de ses fonctions en mai dernier.

Pour Adji Diarra Mergane Kanouté, ancienne députée et présidente de la coalition Ensemble Demain, cette annulation ne signifie pas la fin des ambitions réformistes du Pastef. Elle rappelle que la Constitution permet de nouvelles initiatives, à condition de respecter scrupuleusement les procédures et d’assurer un financement adéquat : « La proposition de loi crée des charges publiques comme l’organisation des élections ou la Cour constitutionnelle… Il faut que cela soit assorti de recettes compensatrices, conformément à l’article 82 de la Constitution ».

une cohabitation conflictuelle qui s’installe

Depuis son éviction de la Primature, Ousmane Sonko a rebondi en prenant la présidence de l’Assemblée nationale, mais les relations avec Bassirou Diomaye Faye se dégradent. Le leader du Pastef a récemment évoqué une situation de « cohabitation » tendue, un terme qui résume parfaitement les dynamiques actuelles au sommet de l’État.

Pour les observateurs, cette décision constitutionnelle marque un nouveau chapitre dans la rivalité entre les deux figures du pouvoir sénégalais. Un épisode qui pourrait redéfinir durablement l’équilibre politique du pays et influencer les prochaines étapes de la gouvernance.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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