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Sahel : les atouts stratégiques du Maroc et de l’Algérie face aux défis économiques

Publié le 1 mars 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

La zone sahélienne, s’étendant du Mali jusqu’au Tchad, ne se distingue pas par une attractivité économique évidente. Contrairement à des hubs comme Singapour, les économies du Mali, du Burkina Faso et du Niger affichent des indicateurs préoccupants. Au Mali, où 47 % des 25,9 millions d’habitants ont moins de 15 ans, seulement 25 % des terres sont cultivables, et le pays occupe le 188ᵉ rang de l’indice de développement humain (PNUD), sur 193 pays. Près de 45 % de la population malienne vit sous le seuil de pauvreté. Des chiffres similaires s’observent à Ouagadougou et Niamey, avec respectivement 40 % et 60,5 % de la population sous ce seuil (Banque mondiale). Ces trois nations, enclavées et dirigées par des juntes militaires, forment l’Alliance des États du Sahel (AES), soutenue indirectement par Moscou pour affaiblir l’influence française. Malgré leur rhétorique anti-française, anti-occidentale et anti-démocratique, censée libérer ces pays de la domination européenne, la prospérité promise reste introuvable pour leurs citoyens.

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Maroc : un port stratégique pour désenclaver le Sahel

Le Royaume du Maroc mise sur la construction du port Dakhla Atlantique, une infrastructure ambitieuse devant servir de pont entre l’Afrique de l’Ouest, l’Europe et les Amériques. Prévu pour être opérationnel en 2029, ce hub s’inspire du modèle Tanger Med et vise à offrir aux pays de l’AES un accès à l’océan Atlantique. Le Maroc a d’ailleurs accueilli les dirigeants de l’AES, proposant une solution géopolitique audacieuse : un corridor ferroviaire, encore en discussion, reliant ces nations à l’océan. Cette initiative pourrait relancer leurs économies et offrir des perspectives à une jeunesse sahélienne en quête d’avenir. Avec une croissance démographique galopante, où la population devrait doubler en dix ans, le Sahel a plus que jamais besoin de telles solutions. Pour Rabat, isolé diplomatiquement par son conflit avec l’Algérie, ce projet renforce sa légitimité régionale tout en luttant indirectement contre les groupes djihadistes en offrant des alternatives économiques.

Algérie : un gazoduc pour relier le Sahel à l’Europe

L’Algérie, après des tensions avec le Niger, a renoué avec Niamey en février en proposant la construction d’un tronçon du gazoduc transsaharien. Ce projet, partant du Nigeria et traversant le Niger avant d’aboutir en Algérie, pourrait être lancé dès la fin du ramadan. Avec une longueur de 4 800 kilomètres, cette infrastructure fournira du gaz naturel à l’Europe. La Sonatrach, entreprise nationale algérienne, supervisera les travaux sur le sol nigérien et formera les locaux à l’exploitation du gaz, une approche différenciée par rapport à la Chine, souvent critiquée pour son manque de transfert de compétences. Cette initiative pourrait redynamiser l’économie nigérienne tout en consolidant l’influence d’Alger dans la région.

Deux visions concurrentes pour le Sahel

Les discussions récentes à Madrid et Washington sur le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental pourraient marquer un tournant. Si ce conflit, vieux de près de 50 ans, se résolvait, l’Algérie et le Maroc pourraient unir leurs forces pour affronter les défis sécuritaires et démographiques du Sahel. Une telle collaboration priverait les États de l’AES de la possibilité de jouer sur les rivalités entre les deux puissances régionales.

Le terrorisme au Sahel prospère dans un terreau fertile : pauvreté et régimes autoritaires. L’Algérie mise sur ses ressources en hydrocarbures et l’expertise de la Sonatrach, tandis que le Maroc mise sur ses grands projets d’infrastructures et son rôle de carrefour entre l’Afrique, l’Europe et l’Amérique. Deux stratégies complémentaires, mais qui restent entravées par le conflit du Sahara occidental. Une occasion manquée pour une coopération régionale essentielle.

Le 26 septembre 2025, le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, accusait l’Algérie de « soutenir le terrorisme international ». En réponse, Alger dénonçait, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf, une « rhétorique belliqueuse ».

Par Zara Hassane — Grand reporter

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