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Coupures d’électricité à Bamako : le JNIM frappe les infrastructures critiques du Mali

Publié le 12 mai 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le week-end des 10 et 11 mai 2026 restera gravé dans les mémoires des Maliens comme une période de chaos énergétique sans précédent. Dans la région de Kayes, près de la réserve forestière du Baoulé, des terroristes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) ont ciblé délibérément plusieurs pylônes à haute tension. Une opération de sabotage audacieuse menée en présence d’un partenaire russe, l’Africa Corps, dont l’efficacité opérationnelle est de plus en plus contestée. Résultat : des quartiers entiers de Bamako plongés dans l’obscurité, exacerbant une crise déjà marquée par des températures caniculaires, une pénurie d’eau et une insécurité alimentée par la proximité des barrages de Manantali et Sélingué.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Le JNIM bouleverse la donne stratégique au Mali

Ce n’est plus une guérilla sporadique, mais une véritable guerre de siège que mène le JNIM contre l’État malien. Après avoir paralysé les axes routiers menant à la capitale en incendiant camions et bus, les insurgés ont radicalisé leur approche en s’attaquant aux artères vitales du réseau électrique. Leur cible ? Le quotidien des Bamakois et la stabilité d’un régime de transition déjà fragilisé.

Leur méthode est d’une précision chirurgicale. Les pylônes, situés dans des zones reculées près de la forêt du Baoulé, ont été détruits avec une technicité alarmante. Ces sabotages provoquent des coupures massives, plongeant des quartiers dans une obscurité angoissante et aggravant une situation énergétique déjà précaire. Le paradoxe est frappant : ces attaques surviennent alors que les forces de l’Africa Corps et les Forces Armées Maliennes (FAMa) affirment contrôler ces zones stratégiques.

Comment des groupes terroristes peuvent-ils acheminer des explosifs, miner des structures métalliques colossales et disparaître sans être inquiétés, alors que le Mali a misé sur Moscou pour garantir sa sécurité ? Sur le terrain, le bilan est accablant. Si les paramilitaires russes excellent en communication guerrière et en démonstrations de force en milieu urbain, leur incapacité à anticiper les attaques hybrides sur les infrastructures critiques interroge. L’échec des drones et des patrouilles mixtes à protéger le réseau électrique soulève une question fondamentale : ce partenariat profite-t-il vraiment à la population civile ?

Bamako suffoque : chaleur, pénurie et désespoir

Pour les habitants de la capitale, ce sabotage est la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà bien rempli. Bamako subit actuellement une vague de chaleur historique, avec des températures approchant les 45°C. Sans électricité pour alimenter les ventilateurs ni pompes pour distribuer l’eau potable, la vie quotidienne devient un enfer. Malgré les annonces gouvernementales sur l’arrivée de convois de carburant escortés par les FAMa et l’Africa Corps, la réalité est bien moins reluisante.

Les groupes électrogènes, bien trop peu nombreux, ne suffisent pas à compenser la perte du réseau haute tension. Les centres de santé, déjà sous tension, voient leurs services d’urgence et leurs maternités fonctionner dans des conditions précaires, mettant en péril des milliers de vies. La crise humanitaire s’aggrave chaque jour, et la colère des citoyens monte face à l’incapacité des autorités à garantir les besoins les plus basiques.

Manantali et Sélingué : un risque de catastrophe régionale

Le scénario le plus alarmant concerne désormais les barrages de Manantali et Sélingué. Selon des sources sécuritaires fiables, le JNIM préparerait une attaque contre ces infrastructures vitales, non seulement pour le Mali, mais pour toute l’Afrique de l’Ouest. Ces barrages sont les poumons énergétiques et hydrauliques de la sous-région, et une attaque réussie plongerait non seulement Bamako dans le noir pour des mois, mais impacterait directement le Sénégal et la Mauritanie.

Une telle catastrophe menacerait également l’agriculture irriguée dans tout le bassin du fleuve, déclenchant une crise alimentaire sans précédent. Le passage du sabotage de camions à celui des pylônes, puis potentiellement des barrages, illustre une escalade de la stratégie du chaos à laquelle l’armée malienne et ses alliés peinent à répondre.

L’Africa Corps et le gouvernement de transition au pied du mur

Le pouvoir de transition et ses partenaires russes se retrouvent face à leurs limites. La rhétorique de la libération du territoire se heurte à une réalité implacable : les infrastructures vitales du pays sont détruites les unes après les autres. Le déploiement de l’Africa Corps, coûteux et médiatisé, n’a pour l’instant pas permis de sécuriser l’économie nationale ni de protéger les services essentiels.

L’heure n’est plus aux déclarations triomphalistes, mais à une action urgente pour protéger les points névralgiques du pays. Si les barrages tombent, c’est toute la crédibilité de l’État malien qui s’effondrera sous le soleil du Sahel. Les Bamakois en ont assez des promesses de souveraineté : ils réclament une vie décente, avec de l’eau, de la lumière et une sécurité tangible, loin des slogans vides de sens.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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