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Rançons versées au Mali : l’argent qui finance le terrorisme au Sahel

Publié le 15 août 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Rançons versées au Mali : l’argent qui finance le terrorisme au Sahel

Un versement de 50 millions de dollars, effectué fin 2025 pour libérer des otages détenus par des groupes liés à Al-Qaïda au Mali, a servi de levier financier aux jihadistes pour étendre leur emprise sur l’ensemble du Sahel. Selon un rapport confidentiel des experts de l’ONU, une partie de ces fonds aurait même transité vers la direction centrale d’Al-Qaïda.

Écoutez cet articleEnviron 4 min

Ce document, dont les conclusions ont été rendues publiques en août 2026, ne mentionne ni le nom des otages ni celui des payeurs. Cependant, des sources régionales bien informées évoquent une implication des Émirats arabes unis. Trois ressortissants – un Émirati, un Pakistanais et un Iranien – auraient été libérés contre rançon. Interrogé sur cette affaire, un responsable émirati a préféré garder le silence, se contentant de rappeler que son pays « mène une lutte active contre le financement du terrorisme » et « renforce ses dispositifs de sécurité pour contrer les groupes extrémistes ».

Une manne financière qui propulse les groupes jihadistes

Le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), principale faction affiliée à Al-Qaïda au Sahel, a vu ses capacités opérationnelles considérablement renforcées grâce à ces fonds. Le rapport onusien souligne que « la majorité de la rançon a été répartie entre les différentes katibas (unités combattantes) du Sahel, notamment celles basées au Mali, où le groupe dispose de 3 500 à 4 000 combattants ».

Une partie de ces liquidités a transité par l’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avant d’être dirigée vers les hauts dirigeants d’Al-Qaïda, ainsi que vers sa branche yéménite. Le JNIM, qui compterait entre 7 000 et 8 000 membres dans la région, a ainsi pu consolider ses positions et intensifier ses offensives.

Le Sahel, terrain de prédilection des groupes armés

Au Mali, le JNIM a marqué un tournant dans son expansion en avril 2026 en attaquant directement la capitale, Bamako, où un attentat a coûté la vie au ministre de la Défense. Quelques semaines plus tard, le groupe a lancé une campagne d’intimidation en offrant des millions d’euros à quiconque fournirait des informations sur le président malien.

Les services de renseignement locaux estiment que les rançons versées pour la libération d’étrangers oscillent généralement entre 4 et 6 millions de dollars. Pour l’ONU, ces pratiques ne se limitent pas à un simple gain financier : elles constituent une stratégie délibérée pour déstabiliser les États et saper la confiance des populations dans les institutions sécuritaires.

Un financement qui alimente un cercle vicieux

Les experts onusiens mettent en garde contre l’effet pervers de ces rançons : elles encouragent les enlèvements comme source de revenus récurrents. En ciblant les étrangers, notamment les diplomates, les travailleurs humanitaires ou les hommes d’affaires, les groupes jihadistes renforcent leur emprise tout en affaiblissant la stabilité des pays du Sahel.

Cette révélation intervient alors que la région fait face à une recrudescence des attaques terroristes, malgré les opérations militaires en cours. Le financement via les rançons apparaît désormais comme l’un des principaux défis pour les autorités locales et leurs partenaires internationaux.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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