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Point zéro tombe aux mains des groupes armés dans le sud-kivu

Publié le 6 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Minembwe sous tension après l’offensive des groupes armés

Le secteur d’Itombwe, dans le territoire de Mwenga, est au cœur d’une nouvelle escalade militaire. Le groupe armé Twirwaneho, en alliance avec le M23/AFC-M23 (membre de la coalition Alliance Fleuve Congo), affirme avoir pris le contrôle de Point Zéro, une position militaire clé des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) et des miliciens Wazalendo. Selon leurs déclarations, cette base, située dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, servait de rempart majeur contre les offensives des groupes armés dans la région.

Écoutez cet articleEnviron 6 min

Dans un communiqué signé par Fidèle Rugabo, porte-parole militaire du Twirwaneho, les combattants revendiquent une offensive lancée le 4 juillet 2026 contre Point Zéro. Après plusieurs heures de combats intenses, ils affirment avoir neutralisé les défenses congolaises et burundaises, ainsi que les miliciens alliés, contraints à un repli précipité.

« Point Zéro est désormais sous notre contrôle », annonce le communiqué, sans qu’aucune vérification indépendante n’ait pu être menée sur place dans l’immédiat. Les habitants de Minembwe, en première ligne des violences, observent la situation avec une appréhension palpable. Certains espèrent que cette prise pourrait marquer un tournant après des mois de combats incessants.

« Depuis le début de l’année, nous vivons dans l’angoisse des affrontements. Si Point Zéro est vraiment tombé, peut-être que cela apaisera un peu la pression sur nos villages », confie un résident sous couvert d’anonymat.

Des combats étendus sur plusieurs axes stratégiques

Les sources locales signalent des affrontements simultanés sur plusieurs axes clés du secteur, notamment entre Mikenge, Kalongi, Rubemba et Kakenge. Selon des témoignages recueillis, des éléments des FARDC et de la FDNB auraient abandonné plusieurs positions pour se redéployer vers Mutambala, Mukera et le territoire voisin de Fizi. Ces mouvements, bien que non confirmés officiellement, illustrent l’ampleur des bouleversements en cours.

Une base militaire au cœur des enjeux géostratégiques

Point Zéro, perché dans le massif d’Itombwe, est bien plus qu’une simple position : elle représente un verrou stratégique. Son contrôle permet de surveiller et de verrouiller plusieurs corridors reliant Minembwe, Mikenge, Mwenga et Fizi. Une zone où la lutte pour l’hégémonie entre les groupes armés s’est intensifiée depuis le retrait du M23/AFC-M23 de Uvira en janvier 2026.

Les hauts plateaux du Sud-Kivu sont devenus un théâtre d’opérations où s’affrontent FARDC, FDNB, miliciens Wazalendo et groupes alliés au Twirwaneho, tous engagés dans une bataille aux multiples dimensions.

Le Burundi et la RDC : une coopération militaire sous le feu des critiques

La présence des soldats burundais en République démocratique du Congo s’inscrit dans le cadre d’un accord bilatéral signé entre Gitega et Kinshasa. Ce partenariat autorise le déploiement de plus de 29 000 soldats de la FDNB dans l’est congolais depuis août 2022, initialement pour lutter contre des groupes armés burundais comme le RED-Tabara. Désormais, ces forces participent à des opérations conjointes avec les FARDC contre divers groupes armés actifs dans la région.

Les derniers mois ont été marqués par des redéploiements massifs dans les territoires de Mwenga, Fizi et Uvira, reflétant la montée des tensions et la nécessité de renforcer les positions face à l’avancée des groupes armés.

Les tensions régionales au cœur du conflit

Les rivalités entre les États de la région des Grands Lacs alimentent un conflit aux dimensions multiples. Kinshasa accuse régulièrement Kigali de soutenir le M23/AFC-M23, une allégation fermement démentie par le gouvernement rwandais. En réponse, Rwanda pointe du doigt la collaboration des FARDC avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé composé d’anciens responsables impliqués dans le génocide des Tutsis en 1994.

De son côté, Gitega reproche à Kigali de soutenir des factions hostiles opérant dans l’est congolais, tandis que Kigali dénonce l’alliance entre Burundi et les FDLR, accusant Gitega de fermer les yeux sur leur présence.

Un contexte diplomatique fragilisé par la poursuite des combats

Malgré les accords de Washington, signés le 27 juin 2026 sous médiation américaine, visant à réduire les hostilités et à encadrer le désengagement militaire, les combats persistent sur le terrain. Les hauts plateaux du Sud-Kivu restent un foyer d’instabilité, où se mêlent rivalités locales, tensions communautaires et enjeux géopolitiques.

À l’heure où ces lignes sont écrites, aucune déclaration officielle n’a été émise par les FARDC, la FDNB ou les autorités burundaises pour confirmer ou infirmer les revendications des groupes armés. La situation reste donc sous haute surveillance, dans l’attente d’éventuelles réactions ou de nouveaux développements sur le terrain.

Deux militaires burundais lors d’une opération de sécurisation dans le Sud-Kivu

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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