Paludisme au Burkina Faso : une chute record des cas et décès en 2025

Le Burkina Faso enregistre une baisse historique des cas et des décès liés au paludisme en 2025, confirmant ainsi sa volonté d’éliminer cette maladie d’ici 2030. Lors d’une conférence de presse à Ouagadougou, Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé, a partagé ces avancées majeures.

Des chiffres exceptionnels dans la lutte contre le paludisme

En 2025, le nombre de cas de paludisme au Burkina Faso a chuté à 7,3 millions, contre 10,8 millions l’année précédente, soit une réduction de 32 %. Chez les enfants de moins de 5 ans, la diminution atteint 38 %, avec plus de 1,9 million de cas évités. Côté mortalité, les décès liés au paludisme sont passés de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025, marquant un recule de 48 %. Chez les enfants de cette tranche d’âge, 893 décès ont été enregistrés en 2025, contre 1 786 en 2024.

Des stratégies clés pour un impact durable

Pour Dr Kargougou, ces résultats sont le fruit d’une volonté politique forte, portée par le président Capitaine Ibrahim TRAORE. « L’élimination du paludisme repose sur l’équité d’accès aux soins et une protection renforcée des populations », a-t-il déclaré. Plusieurs leviers ont été actionnés :

  • Renforcement des interventions à haut impact : vaccination contre le paludisme, utilisation de moustiquaires imprégnées, et déploiement de CPS+ (combinaisons préventives saisonnières) ;
  • Amélioration de l’assainissement et des conditions de vie ;
  • Communication ciblée pour changer les comportements ;
  • Mobilisation communautaire et financement pérenne.
Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

Une campagne nationale de moustiquaires pour une protection renforcée

Le Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP) a joué un rôle central dans la coordination de ces efforts. Parmi les mesures phares, la distribution universelle de moustiquaires bi-imprégnées a permis d’équiper près de 15 millions de foyers, avec un objectif d’utilisation à 80 %. Ces moustiquaires, plus performantes contre les résistances aux insecticides, ont remplacé les modèles précédents.

Plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 agents de santé ont sillonné l’ensemble du territoire, y compris les zones à défi sécuritaire, pour garantir une couverture équitable. « Cette proximité a permis de renforcer l’appropriation communautaire et la responsabilité collective », a souligné Dr Kargougou.

La vaccination gratuite contre le paludisme, un tournant décisif

Un autre pilier de la stratégie : la vaccination gratuite contre le paludisme, lancée le 14 août 2025 dans les 70 districts sanitaires du pays. Cette initiative a marqué un tournant historique dans la lutte antipaludique au Burkina Faso.

Pour le ministre de la Santé, ces avancées s’expliquent par une prise de conscience collective : « La lutte contre le paludisme est avant tout une bataille de comportements et d’adhésion sociale ». Les campagnes d’information, l’implication des leaders religieux et communautaires, ainsi que la sensibilisation porte-à-porte, ont permis de transformer les outils de prévention en gestes concrets : utilisation systématique des moustiquaires, vaccination des enfants, et consultation précoce en cas de fièvre.

Une mobilisation à pérenniser pour atteindre l’objectif 2030

Malgré ces progrès, Dr Kargougou appelle à maintenir l’effort : « Ensemble, nous avons démontré qu’il est possible de faire reculer le paludisme de manière significative ». Il invite tous les acteurs — collectivités territoriales, société civile, partenaires techniques et financiers, médias et populations — à intensifier la dynamique pour éliminer définitivement le paludisme au Burkina Faso.

Ces résultats historiques confirment que, grâce à une approche multisectorielle et à l’engagement de tous, l’objectif d’élimination du paludisme d’ici 2030 est à portée de main.