Skip to content

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

  • Accueil
  • Guides
  • Études de cas
  • Analyses
  • Opinions
  • Chronique
  • Basculer la recherche

Nord-Kivu : le risque d’exclusion des financements contre le paludisme en RDC

Publié le 16 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Nord-Kivu : le risque d’exclusion des financements contre le paludisme en République Démocratique du Congo

16 juillet 2026

Analyse approfondie

Écoutez cet articleEnviron 6 min
  • Paludisme : la menace persistante pour les enfants de moins de cinq ans

Actions humanitaires

  • RDC : soutien aux populations victimes de conflits et gestion des crises sanitaires

Alors que la date limite pour soumettre les demandes de financement au Fonds mondial approche, une alerte majeure est lancée : le Nord-Kivu pourrait être privé des aides destinées à lutter contre le paludisme en République Démocratique du Congo. Cette exclusion, qui survient dans une province déjà ravagée par les conflits, menace d’aggraver une crise sanitaire préoccupante. Le paludisme, principale cause de morbidité dans la région, risque de voir ses prises en charge réduites à néant.

Le cycle GC8 : un enjeu financier aux répercussions dramatiques

Le GC8 correspond au prochain cycle de financement triennal (2027-2029) du Fonds mondial, dédié à la lutte contre le paludisme, le VIH et la tuberculose. La clôture des demandes de subventions est prévue pour la fin du mois de juillet. Pourtant, le Nord-Kivu, province en proie à un conflit armé, ne serait plus éligible à ces financements dédiés à la prévention du paludisme.
Ces fonds, alloués en fonction des priorités nationales, conditionnent directement l’accès aux soins dans les zones les plus vulnérables.

« Le Fonds mondial a été une bouée de sauvetage pour le Nord-Kivu ces dernières années. En fournissant l’essentiel des traitements disponibles, il a permis de sauver des vies. Son désengagement dans la prévention et la prise en charge du paludisme rendrait la situation catastrophique. En 2026, il est inacceptable que des personnes meurent encore ou développent des formes graves d’une maladie évitable et traitable », souligne Stéphane Doyon, responsable des programmes de MSF.
Le risque d’exclusion intervient alors que la province subit de multiples crises. Le système de santé local, déjà fragilisé, pourrait être submergé par l’épidémie d’Ebola en cours. De plus, la confusion entre les symptômes du paludisme et ceux de l’Ebola complexifie les diagnostics, retardant les traitements et accentuant la pression sur des structures sanitaires déjà saturées.

Actualité sanitaire

RDC : l’épidémie d’Ebola progresse à un rythme inquiétant

Conflit et flambée des cas de paludisme : une combinaison mortelle

« Le Nord-Kivu est l’une des provinces les plus touchées par les violences armées. Les déplacements massifs de populations, l’insécurité alimentaire et les difficultés d’accès aux soins augmentent l’exposition au paludisme et le risque de formes graves », explique Stéphane Doyon.
Les combats entre les groupes armés alliés au gouvernement et l’AFC/M23 poussent les civils à se réfugier dans des zones reculées, propices à la prolifération des moustiques et dépourvues d’infrastructures médicales. Le risque de contracter le paludisme y est particulièrement élevé.

En 2025, dans les zones de santé de Bambo, Kibirizi et Rutshuru où MSF intervient, le paludisme représentait entre 48 % et 58 % des consultations. Dans ces localités précises :

  • Plus de 255 000 cas simples et 26 000 cas graves ont été pris en charge par MSF, le Ministère de la Santé et leurs partenaires.
  • Plus de 165 560 patients ont été soignés directement dans les structures soutenues par MSF.

La malnutrition : un facteur aggravant dans un contexte sanitaire critique

La malnutrition s’impose comme une préoccupation majeure dans de nombreuses structures de santé soutenues par MSF. Combinée au paludisme, elle multiplie les risques de complications graves et de décès, notamment chez les enfants de moins de cinq ans.

Actualité nutritionnelle

Nigeria : le « Tom Brown », un aliment local pour lutter contre la malnutrition infantile

Pénuries et affaiblissement des mesures de prévention

Dès à présent, certaines actions essentielles de prévention du paludisme sont réduites. Dans les zones historiquement couvertes par le Fonds mondial, aucune distribution de moustiquaires imprégnées n’a été organisée depuis juin 2023. Entre juillet et décembre 2025, aucun traitement ni test de dépistage n’a pu être acheminé vers le Nord-Kivu en raison de contraintes logistiques.

Face à ces lacunes, MSF a dû pallier les manquements en achetant médicaments et tests rapides pour plusieurs centres de santé. Nos équipes ont notamment :

  • Assuré 53 % des traitements contre le paludisme simple ;
  • Pris en charge 35 % des cas de paludisme grave à Kibirizi, Bambo et Rutshuru, en collaboration avec le Ministère de la Santé et d’autres acteurs.

Une situation insoutenable à long terme pour une province aussi étendue que le Nord-Kivu.

Crise humanitaire

RDC : l’intensification des violences aggrave la situation dans la province de l’Ituri

L’urgence d’une répartition équitable des fonds

À quelques jours de la clôture du cycle de subventions, MSF en appelle au Fonds mondial et aux autorités de Kinshasa pour réintégrer d’urgence le Nord-Kivu dans le programme GC8. L’organisation exige également du Ministère de la Santé congolais une allocation des ressources sanitaires basée uniquement sur les besoins réels des populations, en fonction de la charge de la maladie et de leur vulnérabilité.

Par Zara Hassane — Grand reporter

Flux de la rubrique :
ActualitésDernières actus
Actualités

Navigation

Previous Post: Affaire de l’or au Cameroun : me sikati dénonce les ministres « magiciens »
Next Post: Sénégal : polémique autour de la rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall

Archives

  • octobre 2026
  • septembre 2026
  • août 2026
  • juillet 2026
  • juin 2026
  • mai 2026
  • avril 2026
  • mars 2026
  • février 2026
  • janvier 2026
  • décembre 2025
  • novembre 2025
  • octobre 2025
  • septembre 2025
  • août 2025
  • juillet 2025
  • juin 2025
  • mai 2025
  • avril 2025
  • mars 2025
  • février 2025
  • janvier 2025
  • novembre 2024
  • octobre 2024
  • septembre 2024
  • août 2024
  • juillet 2024
  • juin 2024
  • mai 2024
  • mars 2024
  • février 2024
  • octobre 2023
  • août 2023
  • mai 2023
  • avril 2023
  • mars 2023
  • janvier 2023
  • octobre 2022
  • septembre 2022
  • mai 2022
  • mars 2022
  • août 2021
  • juin 2021
  • mai 2021
  • octobre 2020
  • septembre 2020
  • juin 2020
  • novembre 2019
  • juillet 2018
  • décembre 2014

Catégories

  • A la Une
  • Actualités
  • AES
  • Analyses
  • Chronique
  • Culture
  • Économie
  • Épinglé
  • Études de cas
  • Guides
  • International
  • Lifestyle
  • Actualités
  • Opinions
  • Politique
  • Sécurité & Défense
  • Société

Articles récents

  • Brésil 2026 : la victoire de lula sous le feu des contestations judiciaires de flávio bolsonaro
  • Tagadayat : 54 civils tués, et maintenant ? le nord du Mali face au réveil des consciences
  • Réactions autour du projet pilote de l’UEMOA sur les engrais phosphatés au Togo
  • Sénégal : loi de finances rectificative, l’exécutif sous les projecteurs face à la fronde des députés pastef
  • Bénin : l’impact économique des 53 nouveaux citoyens afro-descendants en débat

Commentaires récents

Aucun commentaire à afficher.

Copyright © 2026 Sahel Voice.

Propulsé par WordPress

Sahel Voice

Actualités et analyses francophones du Sahel, pour mieux comprendre les transformations de la région.

À propos Contact Politique de confidentialité Mentions légales

© 2026 Sahel Voice — Tous droits réservés.

https://sahelvoice.com