Niger : Niamey impose ses exigences pour rouvrir la frontière avec le Bénin

Niger : Niamey impose ses exigences pour rouvrir la frontière avec le Bénin

La réouverture de la frontière entre le Niger et le Bénin, fermée depuis près de trois ans, n’est pas un simple retour à la normale. Niamey a clairement défini ses conditions pour permettre un rétablissement progressif des échanges entre les deux pays. Ces exigences, dévoilées ce week-end, visent à sécuriser les relations bilatérales et à lever les tensions persistantes.

Niger : Niamey impose ses exigences pour rouvrir la frontière avec le Bénin

Le général Mohamed Toumba, ministre nigérien de l’Intérieur, a détaillé ces revendications lors d’une rencontre à Cotonou avec les experts chargés du dossier. Deux accords majeurs sont désormais indispensables : un accord de défense et un accord de sécurité. Ce dernier doit notamment garantir le principe intangible selon lequel aucun des deux territoires ne sera utilisé contre l’autre. Une transparence totale sur les dispositifs militaires étrangers déployés à proximité de la frontière, tracée par le fleuve Niger, a également été exigée.

Ces demandes s’inscrivent dans un contexte où Niamey a maintes fois accusé le Bénin d’abriter des bases militaires étrangères à sa frontière, une allégation démentie par Cotonou et Paris. La fermeture de la frontière, effective depuis près de trois ans, coïncide avec l’arrivée au pouvoir d’une junte militaire à Niamey en juillet 2023. Le régime avait alors accusé son voisin béninois de tenter de le déstabiliser avec l’appui de puissances étrangères.

Un rapprochement en marche malgré les tensions

Pourtant, une lueur d’espoir est apparue début juin avec la visite du président béninois Romuald Wadagni au Niger. Cette rencontre a marqué un tournant dans des relations jusqu’alors très tendues. Les deux pays, confrontés à une menace jihadiste récurrente émanant de groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ont tout intérêt à renforcer leur coopération.

Le général Toumba a également insisté sur la nécessité de créer une cellule bilatérale de fusion des renseignements. L’objectif ? Permettre aux forces armées béninoise et nigérienne de coordonner leurs efforts pour lutter contre un ennemi commun qui ne reconnaît pas les frontières nationales.