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Niamey : quand l’absence de stratégie agricole aggrave la crise des prix des légumes

Publié le 23 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

À Niamey, la flambée des prix des produits maraîchers essentiels frappe durement les foyers nigériens. En cette période de transition entre les récoltes locales et les importations venues des pays voisins comme le Bénin, le Nigeria ou le Ghana, le panier de tomates ou le sac de chou atteignent des tarifs records. Pourtant, ce n’est ni la météo ni les aléas climatiques qui sont en cause, mais bien l’absence criante de préparation et de mesures concrètes de la part des responsables publics.

Écoutez cet articleEnviron 3 min

Une crise structurelle qui se répète chaque année

Chaque saison sèche, le Niger exporte une partie de sa production maraîchère vers la sous-région. Mais dès que l’hivernage s’installe, le pays se retrouve dans l’obligation d’importer massivement pour répondre à la demande locale. Ce scénario, devenu une routine, révèle des lacunes profondes et persistantes :

  • Des infrastructures de stockage insuffisantes : L’absence de chambres froides et d’entrepôts adaptés empêche de conserver les surplus de production, aggravant la dépendance aux importations.
  • Un secteur de transformation quasi inexistant : Sans unités industrielles ou semi-industrielles pour transformer les récoltes, les stocks de sécurité restent illusoires, notamment pour des produits comme la tomate.
  • Des cultures de contre-saison trop limitées : La production nationale reste à la merci des caprices du climat au lieu d’être sécurisée par des infrastructures hydro-agricoles modernes, capables de garantir une production continue.

Les autorités restent silencieuses face à l’inflation

Alors que les prix flambent – un panier de tomates importé peut coûter jusqu’à 35 000 FCFA, et un sac de chou 25 000 FCFA –, les autorités compétentes n’ont pris aucune mesure pour protéger le pouvoir d’achat des Nigériens. Aucun plafonnement des marges commerciales, aucune subvention ciblée, ni même un plan d’action clair n’a été annoncé pour endiguer cette crise récurrente.

Cette inertie donne l’impression que le gouvernement a renoncé à réguler un marché transfrontalier où les prix sont dictés par la spéculation. Résultat : les ménages modestes paient le prix fort, tandis que les solutions structurelles, pourtant connues, ne voient toujours pas le jour.

Une dépendance aux importations qui devient intenable

Pour le Niger, cette dépendance croissante envers les pays voisins n’est plus une fatalité, mais le symptôme d’un échec politique. Les dirigeants, y compris le président Tiani, n’ont pas su élaborer une véritable stratégie maraîchère durable. Pourtant, des solutions existent : investir dans le stockage, développer la transformation locale et sécuriser les cultures de contre-saison. Il est temps d’agir avant que la prochaine saison sèche ne plonge à nouveau les Nigériens dans l’incertitude alimentaire.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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