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Menace djihadiste : le JNIM progresse dangereusement au Mali

Publié le 23 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

menace djihadiste : le JNIM progresse dangereusement au Mali

Iyad Ag Ghali, chef du JNIM

Iyad Ag Ghali, à la tête du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM)

Écoutez cet articleEnviron 5 min

Les opérations militaires menées par Bamako et ses partenaires n’ont pas suffi à endiguer la progression du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Depuis plusieurs mois, les attaques revendiquées par cette organisation djihadiste se multiplient dans différentes régions du Mali. Embuscades contre les forces armées, attaques de postes militaires et contrôle progressif des axes routiers : le groupe étend son emprise avec une stratégie méthodique.

Une expansion qui dépasse les frontières maliennes

L’influence du JNIM ne se limite plus au territoire malien. Elle s’étend désormais à l’ensemble de la sous-région sahélienne, semant l’inquiétude chez les voisins immédiats et au-delà. L’affaiblissement des institutions locales, couplé à une crise économique persistante, crée un terreau fertile pour la propagation de cette menace terroriste. Sans réponse politique et sécuritaire coordonnée, le risque d’une contagion incontrôlable grandit.

Une stratégie d’ancrage territorial plutôt que de conquête directe

Contrairement aux idées reçues, le JNIM ne se contente pas d’opérations mobiles et clandestines. Il déploie depuis plusieurs années une véritable stratégie d’implantation dans les zones où l’État malien est absent ou défaillant. Exploitant les tensions communautaires, les rivalités locales et le manque de services publics, le groupe s’efforce de s’enraciner durablement.

Dans certaines zones rurales, il impose des systèmes parallèles : médiations locales, règles de circulation imposées, ou même des taxes informelles. Autrement dit, là où l’autorité de l’État s’efface, le groupe tente de se substituer à lui en créant un ordre alternatif. Cette approche explique pourquoi les seules réponses militaires, même répétées, peinent à apporter une stabilité durable. Une zone reprise par l’armée peut retomber sous influence djihadiste si les conditions de gouvernance et de développement ne sont pas rétablies.

L’échec des solutions purement militaires face à la menace

Depuis le retrait des forces françaises et le renforcement des partenariats sécuritaires avec la Russie, les autorités maliennes affichent une volonté d’autonomie militaire. Cette stratégie est présentée comme une rupture avec les dépendances passées. Pourtant, sur le terrain, les violences persistent, et les groupes armés conservent une grande mobilité.

Parallèlement, plusieurs rapports d’organisations internationales pointent des violations des droits humains impliquant des forces armées maliennes et des groupes alliés russes. Bamako rejette ces accusations, les qualifiant de tentatives de déstabilisation étrangères. Cette polarisation réduit encore les marges de manœuvre pour des solutions politiques négociées.

Sahel : un terrain de rivalités géopolitiques

La crise sahélienne attire désormais l’attention de multiples acteurs internationaux. Russie, Turquie, Émirats arabes unis, puissances occidentales et pays africains voisins cherchent tous à étendre ou préserver leur influence dans la région.

Dans ce contexte de fragmentation, les groupes jihadistes tirent parti des divisions entre États, des frontières de plus en plus contrôlées et de l’effondrement des coopérations régionales. Le risque majeur ? Une normalisation progressive de l’insécurité chronique, où ni l’État ni les groupes armés ne parviennent à exercer un contrôle total, mais où la population subit les conséquences d’un équilibre instable.

La junte militaire au pouvoir à Bamako compte actuellement sur le soutien des mercenaires du groupe Africa Corps. Que se passera-t-il si ces forces venaient à se retirer des zones de conflit ? L’incertitude plane sur l’avenir d’un pays déjà fragilisé.

Une situation qui interroge l’avenir du Mali

Face à cette montée des tensions, la question n’est plus seulement sécuritaire, mais aussi politique et sociale. Comment Bamako peut-il rétablir une autorité crédible dans des régions abandonnées ? Comment reconstruire un lien de confiance avec une population qui se tourne vers des alternatives radicales par désespoir ?

Les prochains mois seront décisifs. L’évolution du JNIM, les choix stratégiques de la junte et les dynamiques régionales détermineront si le Mali peut échapper à un contrôle partiel, voire total, par les groupes armés.

Par un observateur de la région

Mots-clés : Bamako, djihadistes, JNIM, junte malienne, Mali, Sahel

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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