Maroc et inde renforcent leur alliance contre le terrorisme à new delhi
Une collaboration élargie aux enjeux financiers et technologiques du terrorisme
Les échanges entre le Maroc et l’Inde ont franchi une nouvelle étape à New Delhi, où leurs délégations ont approfondi leur partenariat contre le terrorisme. Lors de cette rencontre, l’accent a été mis sur les circuits financiers illicites, l’exploitation criminelle des nouvelles technologies et les liens entre organisations terroristes transnationales et réseaux armés. Cette réunion, deuxième du genre, a permis d’établir un cadre commun axé sur l’échange d’informations, le renforcement des capacités institutionnelles et une coordination renforcée au sein des instances multilatérales.
Le secrétaire conjoint chargé de la lutte antiterroriste au ministère indien des Affaires étrangères, Vinod Bahade, et Hicham Baali, chef de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) marocaine, ont co-présidé les débats. Leur objectif ? Évaluer les menaces pesant sur leurs territoires respectifs, tout en analysant les flux mondiaux d’idéologies extrémistes, de fonds illicites, d’outils technologiques et de déplacements de membres de groupes terroristes.
Une condamnation unanime des actes terroristes récents
Les deux délégations ont réitéré avec force leur rejet catégorique du terrorisme, sous toutes ses formes, y compris les manifestations transfrontalières. Elles ont également condamné avec la plus grande fermeté l’attaque survenue le 22 avril 2025 à Pahalgam, dans la région du Jammu-et-Cachemire indien, ainsi que l’attentat perpétré le 10 novembre 2025 aux abords du Fort-Rouge à New Delhi.
Radicalisation, financement et technologies : les axes prioritaires de la lutte
Les discussions ont porté sur plusieurs domaines critiques, notamment l’extrémisme violent, les processus de radicalisation, les sources de financement du terrorisme et l’utilisation malveillante des technologies. Les échanges ont été présentés comme une analyse approfondie des défis actuels et émergents, exigeant une compréhension fine des mécanismes de recrutement, des canaux de financement, des outils de communication et des infrastructures numériques exploitées par les groupes clandestins.
Un point particulier a été accordé à l’usage des technologies à des fins terroristes. Ce volet inclut les plateformes de communication chiffrée, la propagande en ligne, les transferts de fonds illicites et les outils facilitant la préparation d’attaques. Bien que le communiqué n’ait pas détaillé de dispositifs spécifiques, il s’inscrit dans une logique de coopération accrue en matière de renseignement, de prévention et de réponse judiciaire.
Les deux pays ont également examiné l’interconnexion entre crime organisé transnational et groupes terroristes. Cette relation, qui englobe les réseaux de financement, les filières logistiques, les faux papiers, les trafics et les routes migratoires clandestines, permet aux organisations terroristes de déplacer des ressources et des individus à l’échelle internationale.
Enfin, la question des déplacements internationaux des terroristes a été abordée, incluant les parcours des membres de groupes armés, les retours depuis les zones de conflit et les risques liés aux itinéraires clandestins. L’objectif est de renforcer la détection de ces mouvements et d’améliorer l’échange d’informations entre les services concernés.
Vers une coordination renforcée et une prochaine réunion au Maroc
Le Maroc et l’Inde ont convenu d’intensifier leur coopération bilatérale en matière de lutte antiterroriste. Les priorités incluent l’échange d’informations, le développement des compétences institutionnelles et le partage des bonnes pratiques. Cette démarche s’appuie sur l’expertise policière, l’analyse des menaces, la formation spécialisée et la comparaison des méthodes appliquées par les deux nations.
Les délégations ont réaffirmé leur engagement commun au sein de l’ONU, du GAFI et du GCTF, des instances clés pour harmoniser les normes financières, prévenir l’extrémisme violent, renforcer la coopération judiciaire et favoriser les échanges d’expériences entre États. Ces cadres multilatéraux constituent le socle d’une action internationale coordonnée.
Les deux gouvernements ont acté la tenue d’une troisième réunion du Groupe de travail conjoint, qui se tiendra au Maroc. Cette session devra approfondir l’examen des menaces régionales et mondiales, tout en concrétisant les orientations adoptées à New Delhi à travers des mécanismes bilatéraux renforcés.