Maliens : la santé universelle en tête des priorités des citoyens

le Mali face au défi de la couverture santé universelle

Le Mali a accompli des avancées notables ces dernières années sur plusieurs indicateurs de santé, notamment une baisse de la mortalité infantile et des moins de 5 ans, une réduction de la mortalité maternelle ainsi qu’une hausse de l’espérance de vie (Organisation Mondiale de la Santé, 2025 ; UNICEF, 2025). En 2018, le pays a lancé un plan d’assurance maladie universelle, une initiative ambitieuse visant à améliorer l’accès aux soins pour tous. Pourtant, malgré ces efforts, l’accès à des soins de qualité reste un défis majeur pour une grande partie de la population.

Plusieurs obstacles freinent cette ambition : une pénurie criante de personnel médical qualifié, un financement insuffisant des structures sanitaires, et des années d’instabilité politique qui ont fragilisé le système de santé (Banque Mondiale, 2024 ; Touré et al., 2022 ; Fonds d’Affectation Spéciale des Nations Unies pour la Sécurité Humaine, 2025). Les zones rurales sont particulièrement touchées, avec plus de la moitié des médecins concentrés dans la capitale, Bamako (Sangare et al., 2021).

un système de santé encore inégal

L’Indice de couverture des services de santé universelle de l’Organisation Mondiale de la Santé (2024) révèle que le Mali obtient un score de 41/100, bien en dessous de la moyenne africaine (44) et encore plus éloigné de la moyenne mondiale (68). Ce résultat souligne l’ampleur des disparités dans l’accès aux soins entre les différentes régions du pays.

Les données issues du module spécial de l’enquête Afrobarometer Round 10 sur les soins de santé confirment ces constats. Pour les Maliens, la santé figure comme la priorité absolue que le gouvernement doit résoudre en priorité. Seulement un adulte sur sept dispose d’une couverture médicale, et une majorité des citoyens s’inquiètent de devoir renoncer à des soins en raison de leur coût ou de leur inaccessibilité.

Face à cette situation, une très forte majorité des Maliens estiment que l’État doit garantir un accès universel aux soins, même si cela implique une augmentation des impôts pour financer ce dispositif.

des expériences mitigées dans les établissements publics

Parmi les citoyens ayant fréquenté un hôpital ou une clinique publique au cours de l’année écoulée, les avis sont partagés. Si une majorité déclare avoir pu obtenir les soins nécessaires, de nombreux témoignages révèlent des problèmes récurrents : coûts prohibitifs des médicaments ou des consultations, délais d’attente excessifs, et ruptures de stock en médicaments ou en matériel médical.

Un fait inquiétant ressort des données : près de la moitié des Maliens déclarent qu’un membre de leur famille n’a pas pu bénéficier des soins nécessaires au cours des douze derniers mois, faute de moyens ou d’infrastructures adaptées.

un bilan contrasté mais une confiance persistante

Malgré ces défis persistants, deux tiers des citoyens reconnaissent les progrès réalisés par le gouvernement dans l’amélioration des soins de santé de base. Leur confiance envers le Ministère de la Santé reste solide, signe que les efforts engagés commencent à porter leurs fruits, même si le chemin vers une couverture santé universelle est encore long.