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Mali : le JNIM frappe fort dans la région de Mopti, cinq ans après le coup d’État

Publié le 20 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Un dimanche noir pour les forces maliennes et leurs alliés à Mopti

Le 19 juillet dernier, la région de Mopti a été secouée par une vague d’attaques simultanées attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), branche locale d’Al-Qaïda. En revendiquant quatre assauts ciblant les Forces armées maliennes (FAMa), les mercenaires d’Africa Corps et les milices locales, le groupe terroriste a démontré sa capacité à frapper à volonté, malgré les promesses de restauration de la sécurité par le régime d’Assimi Goïta.

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Des attaques méthodiques et coordonnées

Dans le cercle de Douentza, le JNIM a déployé trois engins explosifs improvisés (IED) contre un convoi logistique, un camion militaire et un détachement de soldats à moto. Ces cibles, choisies avec précision, visaient à perturber les mouvements des forces maliennes et de leurs partenaires russes. À Kansila, une attaque directe a été menée contre les chasseurs Dozo, milice d’autodéfense souvent mobilisée par Bamako. Selon les déclarations du groupe, trois miliciens Dozo ont péri dans l’affrontement.

Cinq ans de junte : le bilan accablant d’Assimi Goïta

Depuis le coup d’État de 2019, la junte malienne a fait de la reconquête territoriale sa priorité absolue. Pourtant, les données du conflit révèlent une détérioration alarmante de la situation. Les violences ont explosé, avec un doublement, voire un triplement des victimes selon les zones, comparé à la période pré-coup d’État. L’émergence d’Africa Corps et les tensions interethniques exacerbées par certaines opérations militaires ont favorisé le recrutement chez les groupes djihadistes. Les embuscades et les IED sont devenus monnaie courante, paralysant les axes routiers et plongeant le pays dans un chaos sécuritaire sans précédent.

Un État en recul : quand Bamako perd le contrôle

Malgré les discours officiels célébrant les « avancées » des FAMa, le terrain raconte une autre histoire. Le centre et le nord du Mali sont aujourd’hui des zones grises, où l’État a renoncé à exercer son autorité. Les rares succès, comme la reprise de Kidal fin 2023, restent éphémères. Pire, l’insécurité alimentaire s’étend : selon les Nations Unies, plus de 400 000 déplacés internes errent dans le pays, fuyant les exactions des groupes armés et les opérations militaires. Les blocus imposés par le JNIM ou l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) empêchent l’acheminement de l’aide humanitaire, aggravant la crise.

Africa Corps : l’allié russe sous le feu des critiques

Pour remplacer le retrait des forces françaises et de la MINUSMA, Bamako a choisi Moscou. D’abord avec le groupe Wagner, puis avec Africa Corps, une structure directement rattachée au ministère russe de la Défense, des centaines de mercenaires ont été déployés. Pourtant, leur impact militaire reste limité. Les accusations de violations des droits humains, comme lors du massacre de Moura, alimentent la colère des populations locales, qui se tournent vers les djihadistes par désespoir. Sur le plan opérationnel, Africa Corps subit des pertes régulières et manque de moyens pour mener une contre-insurrection efficace sur un territoire aussi vaste.

L’aviation malienne : une force en déclin

Face au manque de troupes au sol, Bamako a massivement investi dans des drones et hélicoptères d’attaque, notamment des Bayraktar TB2 turcs et des Mi-24 russes. Cette flotte a permis des frappes initiales spectaculaires. Mais aujourd’hui, deux problèmes majeurs se posent : l’entretien défaillant et l’adaptation des groupes terroristes. Plusieurs appareils ont été perdus dans des crashes ou abattus, tandis que les djihadistes ont revu leurs tactiques, se fondant dans les populations ou utilisant un couvert végétal pour échapper aux frappes.

Le tout-militaire, une impasse stratégique

Les attaques du 19 juillet à Mopti ne sont qu’un exemple parmi d’autres d’un système en crise. La stratégie du « tout-militaire » a montré ses limites : rupture des dialogues, isolement diplomatique et dépendance à des partenaires peu fiables ont plongé le Mali dans une impasse. Sans une approche globale combinant sécurité, gouvernance et services publics, le pays risque de s’enfoncer davantage, sous la pression d’un djihadisme sahélien en pleine expansion.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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