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Mali : le jnim exploite les mines d’or pour alimenter ses offensives

Publié le 29 mai 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba
Au Mali, les combattants du Jnim contrôlent les sites aurifères pour en tirer des revenus. © JINM

Dans l’ombre des vastes exploitations minières du Mali, une stratégie de financement inédite émerge. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, impose désormais une fiscalité de guerre aux entreprises chinoises opérant dans le secteur aurifère. Cette manne financière, aussi controversée que lucrative, alimente directement les activités militaires du groupe dans le pays.

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Une emprise jihadiste sur les richesses du sous-sol malien

Les zones aurifères du Mali, notamment dans le sud et l’ouest du pays, sont devenues des terrains de prédilection pour les groupes armés. Le Jnim, en pleine expansion depuis plusieurs années, a su tirer profit de l’exploitation artisanale et industrielle de l’or pour diversifier ses sources de revenus. Plutôt que de se limiter aux rançons ou aux enlèvements, les jihadistes ont opté pour une approche plus systématique : la taxation des opérateurs étrangers.

Les entreprises chinoises, reconnues pour leur expertise dans l’extraction minière et leur capacité à mobiliser des investissements massifs, représentent une cible de choix. Leur présence massive dans les régions minières, couplée à des moyens logistiques et financiers importants, en fait des proies idéales pour une extorsion organisée. En échange de leur « protection », les groupes armés perçoivent des sommes colossales, transformant ainsi l’or malien en carburant pour leurs offensives.

Des revenus colossaux au service d’une stratégie militaire

Les fonds récupérés par le Jnim ne se contentent pas d’enrichir ses caisses. Ils financent des achats d’armements, le recrutement de combattants et le renforcement des infrastructures logistiques. Selon les observateurs, cette manne financière aurait permis au groupe de consolider son influence dans plusieurs régions du Mali, notamment dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger.

Les rapports d’experts et de militaires sur le terrain confirment une augmentation significative des attaques attribuées au Jnim ces derniers mois. Les fonds extorqués aux orpailleurs chinois joueraient un rôle clé dans cette escalade. Les jihadistes n’hésitent plus à cibler les convois de marchandises, les sites miniers et même les bases militaires pour imposer leur domination.

Les conséquences d’une économie de guerre

Cette stratégie de financement ne reste pas sans conséquences. D’une part, elle déstabilise l’économie locale, en décourageant les investissements étrangers et en freinant les activités minières légales. D’autre part, elle aggrave la crise sécuritaire, les populations civiles étant souvent prises pour cible dans les représailles ou les affrontements entre groupes armés et forces de l’ordre.

Les autorités maliennes, déjà en difficulté face à la multiplication des groupes armés, peinent à endiguer ce phénomène. Les mesures de sécurité renforcées et les contrôles aux abords des sites miniers se heurtent à l’ampleur du problème. Les entreprises chinoises, pour leur part, se retrouvent dans une position délicate : payer pour éviter des représailles ou quitter le pays au risque de perdre des milliards d’investissements.

Un modèle qui pourrait s’étendre au-delà du Mali

Si le Mali est aujourd’hui le terrain principal de cette stratégie, les experts craignent qu’elle ne se propage à d’autres pays de la région. Le Burkina Faso et le Niger, également riches en ressources naturelles, pourraient devenir des cibles privilégiées pour des groupes similaires cherchant à diversifier leurs sources de financement. La lutte contre cette économie parallèle s’annonce donc comme un défi majeur pour les gouvernements du Sahel.

Face à cette situation, une question persiste : comment briser ce cercle vicieux où l’exploitation des ressources naturelles alimente les conflits ? Entre répression militaire, dialogue avec les acteurs locaux et coopération internationale, les solutions restent complexes et multiformes. Une chose est sûre : l’or malien continue de couler… mais pas seulement sous forme de lingots.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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