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Mali : djenné sous emprise, le blocus du carburant étrangle l’armée et les civils
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Le Mali s’enfonce dans une crise logistique et sécuritaire sans précédent. La chute du carrefour stratégique de Djenné, dans la région de Mopti, n’est pas seulement une défaite militaire : c’est le symptôme d’un étau qui se resserre sur l’ensemble du centre du pays. Depuis des mois, le blocus du carburant orchestré par le JNIM asphyxie peu à peu les forces armées et les populations, transformant la mobilité en luxe et les patrouilles en parcours du combattant.

Djenné, cible d’un assaut éclair aux conséquences dévastatrices

Vers midi, un jeudi du mois de septembre, le carrefour de Djenné a été le théâtre d’une attaque d’une rapidité foudroyante. Les combattants du JNIM, groupe affilié à Al-Qaïda, ont encerclé et submergé le poste militaire en quelques minutes seulement. Les forces de défense, déjà affaiblies par des mois de tensions, n’ont pu résister longtemps. Les images diffusées par les insurgés montrent leurs hommes en train de défiler dans les ruines fumantes du camp, brandissant des armes et du matériel militaire saisi.

Si le bilan humain reste à confirmer par l’État-major général des Armées, les témoignages locaux évoquent une hécatombe. Les civils, témoins impuissants de cette bataille, décrivent une violence inouïe, des tirs à bout portant et une résistance désespérée des soldats.

Le carburant, nouvelle arme de guerre du JNIM

Derrière cette défaite se cache une stratégie plus large : le blocus du carburant. En interceptant les convois de citernes sur les axes commerciaux reliant le Mali aux pays voisins, le JNIM a privé l’armée malienne de sa mobilité. Les blindés restent cloués au sol, les patrouilles doivent se rabattre sur des déplacements limités, et le soutien aérien est régulièrement annulé faute de carburant. Les FAMa, privées de leur capacité de réaction rapide, peinent à tenir le terrain.

Les conséquences sont immédiates : les populations civiles paient aussi le prix fort. Les commerçants voient leurs déplacements se raréfier, les prix des denrées flambent, et les services publics s’effritent. Le blocus devient une arme économique aussi redoutable que les fusils et les explosifs.

L’Africa Corps dans l’impasse : l’urgence d’un ravitaillement impossible

Face à cette paralysie, les demandes d’assistance se multiplient. Selon des sources sécuritaires, le contingent russe Africa Corps a alerté Bamako sur l’urgence de renforcer les dotations en carburant pour ses opérations. Sans essence, impossible d’engager des contre-offensives ou d’assurer la logistique des postes avancés. Pourtant, les réserves nationales sont au plus bas, et les axes routiers, contrôlés par les insurgés, ne permettent plus les approvisionnements classiques.

Les officiers russes, conscients de l’urgence, réclament un approvisionnement sécurisé et prioritaire. Mais dans un pays où chaque goutte de carburant compte, cette demande relève d’un casse-tête stratégique. Comment ravitailler des troupes sans tomber dans les embuscades ? Comment maintenir l’alliance militaire dans un contexte aussi tendu ?

Une région asphyxiée, un gouvernement sous pression

L’attaque de Djenné est un signal d’alarme. Elle révèle la fragilité d’un système militaire déjà mis à mal par des années de conflit et de pénuries. Le gouvernement de transition, en place depuis le coup d’État de 2020, doit aujourd’hui faire face à un double défi : briser le blocus énergétique imposé par le JNIM et restaurer la confiance des populations et des alliés militaires sur le terrain.

La stratégie d’attrition du JNIM, basée sur l’isolement et l’asphyxie, porte ses fruits. Chaque jour, la région de Mopti s’enfonce un peu plus dans le silence. Plus de patrouilles, plus de ravitaillement, plus de sécurité. Et sans carburant, même les blindés les plus modernes ne sont que des cibles statiques.

Que reste-t-il à l’armée malienne ?

L’avenir des Forces Armées Maliennes (FAMa) dépend désormais de leur capacité à contourner ce blocus. Plusieurs pistes sont évoquées : sécuriser des axes alternatifs, négocier des corridors humanitaires, ou encore renforcer les stocks de carburant dans les bases stratégiques. Mais dans un contexte où les ressources sont rares et les menaces omniprésentes, ces solutions relèvent du pari risqué.

Une chose est sûre : sans carburant, pas de victoire possible. Le JNIM l’a bien compris. Et l’armée malienne, elle, doit maintenant jouer serré pour éviter l’effondrement total de ses positions dans le centre du pays.