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Sénégal : ce que la dissolution évoquée par Diomaye Faye changerait pour les citoyens

Une dissolution de l’Assemblée nationale au Sénégal aurait des répercussions directes sur le quotidien des citoyens et sur l’économie du pays. En laissant planer cette menace, le président Bassirou Diomaye Faye ouvre une période d’incertitude dont les effets se feront sentir bien au-delà des institutions.

Bassirou Diomaye Faye n’a pas fermé la porte à une dissolution de l’Assemblée nationale, désormais présidée par son ancien allié Ousmane Sonko. Interrogé le jeudi 24 septembre à New York, le président sénégalais a lié toute décision à l’évolution des rapports entre les institutions, alors que son gouvernement doit défendre ses choix budgétaires devant une Assemblée dominée par le Pastef.

Une prérogative constitutionnelle toujours en suspens

« Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? », a répondu le chef de l’État lorsqu’on lui a demandé s’il envisageait de dissoudre l’Assemblée. Il n’a annoncé ni dissolution ni date d’élections. « Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce qu’on aura en face, on décidera », a-t-il ajouté.

Cette réponse intervient après une rupture politique qu’il a, cette fois, nommée sans détour. Questionné sur le limogeage d’Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre, Bassirou Diomaye Faye a évoqué des « divergences persistantes sur certains sujets ». « Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre », a-t-il expliqué. Il a toutefois écarté l’idée que les discussions avec le Fonds monétaire international aient, à elles seules, provoqué leur séparation.

Un désaccord qui se déplace au Parlement

Le désaccord se joue désormais aussi au Parlement. Ousmane Sonko a pris la présidence de l’Assemblée nationale après son départ du gouvernement, ce qui lui donne un rôle central dans l’examen des textes portés par l’exécutif. Interrogé sur un possible rejet de la loi de finances rectificative par les députés du Pastef, Faye a défendu la responsabilité propre de chaque institution : « Chacun assume ses responsabilités et le peuple arbitre. »

Aux accusations de trahison formulées par certains membres de son ancien parti, le président a opposé son engagement à la tête de l’État. « La seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment », a-t-il déclaré. La suite de l’affrontement politique dépendra notamment de la façon dont l’Assemblée accueillera les mesures financières du gouvernement.

Macky Sall à l’ONU : un soutien qui interroge

Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé son soutien à la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Malgré les doutes exprimés sur ses chances, le président sénégalais estime que « les jeux restent ouverts » et affirme discuter avec les membres appelés à peser sur le choix.

Pour justifier cette position, Faye met en avant l’expérience internationale de Macky Sall et la représentation de l’Afrique à l’ONU. « Qui est de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? », a-t-il demandé lors de son entretien.

Le chef de l’État a aussi invoqué la question de la dette, au cœur des difficultés financières actuelles du Sénégal. Selon lui, Macky Sall a « subi les affres de la dette », une expérience qui le rendrait apte à défendre une réforme de l’architecture financière internationale. Faye n’a pas abordé, dans cette réponse, les responsabilités attribuées à l’ancien pouvoir dans la dette non déclarée.