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Lomé, nouveau pivot de la médiation africaine dans l’Est congolais

Publié le 9 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Lundi 8 juin 2026, Lomé a servi de cadre à une réunion de haut niveau dédiée à la médiation africaine autour de la crise qui persiste dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs. Présidée par Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, cette rencontre a principalement abordé un point crucial : améliorer la coordination d’initiatives de paix encore éparpillées.

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Étaient présents les facilitateurs nommés par l’Union africaine, ainsi que des délégués de l’ONU, de la CAE, de la CEEAC, de la SADC, de la CIRGL et du CICR. Cette diversité d’acteurs illustre la complexité d’un dossier où se mêlent cadres régionaux, mandats institutionnels et efforts diplomatiques parallèles.

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Présidence du Conseil

Une médiation en phase de structuration

Cette réunion semestrielle s’inscrit dans le prolongement des échanges qui s’étaient tenus à Lomé en janvier précédent. À cette occasion, les participants avaient déjà réfléchi à la cohérence du dispositif de médiation ainsi qu’à la nécessité de consolider le processus de paix.

Faure Gnassingbé a jugé que des avancées avaient été enregistrées depuis, particulièrement dans l’organisation interne de l’architecture de médiation. Selon lui, l’objectif n’est plus simplement de multiplier les actions, mais de les rendre plus claires, plus cohérentes et plus efficaces sur le terrain.

Cette démarche répond à une difficulté courante dans les crises prolongées : trop d’intervenants agissent parfois sans coordination suffisante, ce qui affaiblit la portée des efforts diplomatiques. À Lomé, la priorité affichée a donc été de remettre de l’ordre dans le processus.

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Le pari du dialogue africain

Le médiateur de l’Union africaine a réaffirmé sa détermination à poursuivre sa mission en dépit des obstacles. Il a souligné la nécessité de maintenir une mobilisation collective en faveur de la stabilité dans l’Est congolais, où violences et tensions armées continuent d’affecter les populations civiles.

En plaçant le dialogue inclusif au centre de sa stratégie, Faure Gnassingbé défend une ligne diplomatique claire : privilégier des solutions africaines, portées par des mécanismes africains, tout en restant en lien avec les autres initiatives internationales. Cette position vise à éviter les doublons et à renforcer la crédibilité du processus.

Les parties prenantes ont salué ce leadership, estimant qu’il contribue à restaurer la confiance entre les acteurs et à harmoniser les démarches engagées. Pour elles, la réussite de la médiation passe avant tout par une architecture limpide, des responsabilités bien réparties et un suivi rigoureux des engagements.

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Des décisions pour le second semestre

La réunion de Lomé a abouti à plusieurs orientations concrètes. Les participants ont notamment convenu de renforcer la coordination entre le Bureau du Médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant.

Ils ont également souligné l’importance de construire une contribution africaine plus structurée aux processus de Washington et de Doha. L’idée est de permettre une meilleure appropriation de ces initiatives par les acteurs de la région et de faciliter leur mise en œuvre.

Dans le même esprit, les États et les organisations impliqués ont été invités à intensifier leur coopération, dans le respect des rôles définis par l’architecture adoptée à Lomé le 17 janvier 2026. Un plan d’action opérationnel doit désormais être finalisé dans un délai de quinze jours pour transformer ces orientations en mesures concrètes.

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Lomé comme point d’appui

Au fond, cette réunion confirme le rôle croissant de Lomé comme plateforme diplomatique sur le dossier congolais. Le Togo s’impose progressivement comme un lieu de convergence pour les discussions liées à la paix dans les Grands Lacs.

Reste à savoir si cette volonté de coordination produira des effets tangibles sur le terrain. Dans une crise aussi longue et mouvante, la valeur d’une médiation se mesure moins à ses annonces qu’à sa capacité à maintenir les acteurs autour d’une même table et à faire avancer, pas à pas, une feuille de route commune.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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