Justice sud-africaine : l’activiste Kemi Seba confronté à des accusations de financements occultes et d’extradition vers le Bénin
Un report judiciaire qui alourdit le dossier de Kemi Seba
Le tribunal régional de Pretoria a repoussé à juin 2026 sa décision concernant la libération sous caution de Kemi Seba, figure panafricaniste désormais incarcérée depuis avril. Arrêté pour un simple dépassement de visa, son cas a rapidement basculé vers des chefs d’accusation bien plus graves, révélant une affaire aux ramifications internationales.
Des cryptomonnaies russes au service d’un activisme controversé
L’enquête sud-africaine a mis en lumière des flux financiers suspects liés à des cryptomonnaies originaires de Russie. Ces fonds, utilisés pour organiser des déplacements illégaux et soudoyer des passeurs, ont été identifiés lors de son interpellation à Pretoria. Accompagné de son fils et d’un intermédiaire local, Kemi Seba tentait de fuir vers le Zimbabwe avant d’être intercepté. La somme de 250 000 rands (environ 13 000 euros) aurait été versée pour faciliter cette tentative d’évasion. Ces révélations ébranlent son image d’activiste souverainiste indépendant.
Une extradition vers le Bénin qui s’annonce décisive
Le 14 juillet 2026, la justice sud-africaine examinera la demande d’extradition formulée par le Bénin. Les autorités béninoises, via la CRIET (Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme), lui reprochent des faits graves : apologie de crime contre la sûreté de l’État et soutien à une tentative de coup d’État en décembre 2025 à Cotonou. Privé de sa nationalité française depuis 2024, Kemi Seba voyage désormais avec un passeport diplomatique nigérien dont la validité est en cours de vérification.
L’activisme radical face à la rigueur judiciaire
Cette affaire illustre l’écart croissant entre le discours souverainiste de Kemi Seba et ses méthodes concrètes. Son recours aux financements étrangers opaques et aux passages clandestins a transformé une simple infraction migratoire en une procédure complexe mêlant blanchiment et financement occulte. Les institutions sud-africaines, reconnues pour leur fermeté, lui opposent désormais une réponse juridique sans appel, remettant en cause sa légitimité politique.