Loi de finances rectificative 2026 : le vote qui force Ousmane Sonko et le Pastef à trancher

Le 18 septembre, la loi de finances rectificative 2026 a été déposée sur la table des députés. Ce texte pourrait bien marquer un tournant décisif pour la majorité Pastef, contrainte de choisir entre deux options également périlleuses : entériner un budget adossé à l’accord avec le FMI, ou risquer de paralyser l’État. Un dilemme où chaque réponse a un coût politique.
Sur le fond, la LFR redessine en profondeur les équilibres budgétaires de l’année. Le déficit est réévalué à 1 735,2 milliards FCFA, soit 7,6 % du PIB, contre 5,4 % initialement programmés. Cette dégradation résulte principalement de l’explosion des subventions énergétiques, de nouvelles dépenses prioritaires et d’une contraction des recettes.
Le poste énergie concentre l’essentiel du choc. L’enveloppe dédiée au secteur bondit de 250 à 790,3 milliards FCFA, soit une hausse de 540,3 milliards. Parallèlement, les recettes attendues reculent à 5 848,7 milliards FCFA, en baisse de 340,1 milliards par rapport aux 6 188,8 milliards prévus dans la loi de finances initiale. L’exécutif invoque les effets de la crise énergétique mondiale et un déficit pluviométrique pour justifier cette révision.
Pour contenir la dérive, le texte sacrifie l’investissement. Le gouvernement prévoit une réduction de 555 milliards FCFA des investissements, répartie entre ressources internes et externes. En contrepartie, certains filets sociaux sont renforcés : l’enveloppe des bourses de sécurité familiale passe de 35 à 70 milliards FCFA. Enfin, les autorités ambitionnent de ramener les subventions énergétiques sous la barre de 1 % du PIB d’ici 2029, tout en ciblant davantage les ménages vulnérables. C’est cette dernière orientation qui cristallise les inquiétudes sur le prix de l’électricité et du carburant.
Un vote sous haute tension pour la majorité
Cette loi ne se résume pas à un simple ajustement comptable. Elle intervient après l’accord conclu entre le Sénégal et le FMI, qui reste soumis à l’approbation du Conseil d’administration du Fonds. L’entente de principe porte sur 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. La Cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, Mercedes Vera Martin, a été…