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L’est de la RDC : les rapports de Human Rights Watch et Global Witness renforcent la position de Kinshasa face à Kigali et à l’AFC/M23

Publié le 21 juin 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) confirme que les récentes investigations menées par Human Rights Watch et Global Witness, relatives à la situation sécuritaire, humanitaire et à l’exploitation illégale des ressources naturelles dans les zones sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23 à l’Est du pays, apportent un soutien précieux à sa stratégie de riposte. Ces documents consolident notamment les arguments de Kinshasa sur les plans judiciaire et économique, face à Kigali et aux groupes armés.

Écoutez cet articleEnviron 7 min

Lors d’un point de presse conjoint avec Samuel Roger Kamba, son homologue de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a déclaré que ces révélations ne surprenaient pas les autorités congolaises. Il a souligné que Kinshasa mène une action concertée sur plusieurs fronts, incluant une dimension judiciaire et une dimension économique. Des actions légales supplémentaires seront d’ailleurs initiées prochainement par le ministère de la Justice.

« Concernant les récents rapports de Human Rights Watch et de Global Witness, ces publications ne nous surprennent aucunement. Nous disposons de nos propres services de renseignement et notre stratégie de riposte face à cette agression s’articule sur divers fronts. Un front judiciaire et un front économique sont activement menés. D’ailleurs, de nouvelles démarches judiciaires seront engagées par le ministère de la Justice dans les jours à venir. S’agissant des minerais, il est impératif d’examiner l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement, et non de se limiter aux acteurs à la source », a affirmé Patrick Muyaya devant la presse.

Sur la question cruciale de l’exploitation et du commerce des minerais RDC dans l’Est, Patrick Muyaya a insisté sur la nécessité d’une analyse globale du circuit, au-delà des responsabilités locales. Il a rappelé qu’une réunion significative s’était tenue à Genève il y a quelques mois, rassemblant la Première ministre et plusieurs négociants impliqués dans ces filières commerciales. Ces rapports, a-t-il précisé, viennent étayer des informations déjà connues et fournissent des éléments complémentaires pour renforcer les dossiers existants, tant sur le volet judiciaire qu’économique. L’objectif est de cibler l’économie de guerre prétendument alimentée par le Rwanda, qui tirerait profit de l’instabilité dans cette région de la République démocratique du Congo.

Un autre point majeur évoqué par Patrick Muyaya est le recrutement forcé d’enfants, un phénomène documenté par Human Rights Watch. Le porte-parole a indiqué que les autorités congolaises recevaient des alertes à ce sujet depuis plusieurs mois. Selon Kinshasa, le recours à ces méthodes coercitives découle de l’impopularité de la rébellion de l’AFC/M23 dans les zones qu’elle occupe. Ces groupes chercheraient à imposer leur présence par la contrainte et la violence. Des mises en scène sont même parfois orchestrées pour présenter de prétendus volontaires dans des camps.

« L’autre aspect soulevé par ces rapports concerne le recrutement forcé d’enfants, notamment dans le rapport de Human Rights Watch. Nous savons que le père (Rwanda) et le fils (AFC/M23) sont impopulaires dans les régions qu’ils contrôlent. Ils gouvernent par la terreur et la violence, recourant à des méthodes coercitives, y compris envers les enfants, comme cela se passe au Rwanda. Nous avons reçu de nombreuses alertes de parents. À un certain moment, certains hésitaient à envoyer leurs enfants à l’école par crainte de recrutements forcés. Des scénarios sont parfois montés pour présenter publiquement de prétendus volontaires recrutés dans certains camps », a-t-il détaillé.

Il a ajouté que les conclusions de Human Rights Watch confirment les dénonciations de longue date du gouvernement et pourront consolider les procédures judiciaires déjà engagées. Les faits documentés sont considérés comme des crimes graves, y compris des crimes de guerre, pour lesquels les mécanismes de justice RDC nationale et internationale sont déjà saisis ou le seront prochainement.

Patrick Muyaya a réaffirmé la détermination inébranlable du gouvernement à poursuivre ses actions contre Kigali et l’AFC/M23 sur tous les fronts, afin de rétablir les droits souverains de la République démocratique du Congo. Il a souligné que ces rapports, bien que cruciaux, ne couvrent pas l’intégralité des événements sur le terrain, raison pour laquelle Kinshasa continue de s’appuyer sur le travail de ses propres services, ces publications venant compléter les enquêtes en cours et renforcer la riposte.

Le porte-parole a également insisté sur le fait que la réaction du gouvernement ne se limite pas à des déclarations. Il a cité les récentes sanctions américaines contre certains responsables de l’armée rwandaise, y voyant une confirmation de l’implication de cette armée dans des circuits illicites liés à l’exploitation et au commerce des ressources naturelles RDC. Toutes ces questions font déjà l’objet de démarches judiciaires et d’actions qui se poursuivront dans les prochaines semaines.

Ces conclusions corroborent de précédentes enquêtes sur les violations des droits humains Congo et le pillage des richesses dans l’Est du pays. Elles surviennent dans un contexte marqué par l’offensive de l’AFC/M23, un mouvement que les autorités congolaises et plusieurs rapports internationaux accusent d’être soutenu par le Rwanda, et qui contrôle de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les révélations de Global Witness relancent les interrogations sur l’efficacité des mécanismes internationaux visant à empêcher l’intégration de minerais RDC issus de zones de conflit Est RDC dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Depuis plusieurs années, le gouvernement congolais soutient que l’instabilité persistante dans l’Est du pays est principalement motivée par des intérêts économiques liés à l’exploitation illégale des ressources minières. Kinshasa qualifie régulièrement ce conflit Est RDC de « guerre économique » visant au pillage des minerais RDC. Kigali, de son côté, rejette systématiquement ces accusations, niant toute implication dans l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et dans la déstabilisation de sa partie orientale.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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