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L’économie gabonaise face au défi pétrolier : le manganèse en soutien

Publié le 5 août 202625 septembre 2026 ParZara Hassane

Les industries extractives du Gabon ont abordé le début de l’année 2026 sur une note contrastée. L’activité globale de ce secteur a connu une contraction de 2,9 %, principalement en raison du recul des hydrocarbures, tandis que la filière du manganèse a continué d’afficher une dynamique de croissance. Cette observation met en lumière la persistance d’une dépendance structurelle de l’économie gabonaise vis-à-vis des performances de son secteur pétrolier en amont.

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Un secteur extractif gabonais miné par le repli pétrolier

La diminution de la production d’hydrocarbures pèse lourdement sur la performance globale du secteur. À Libreville, l’extraction de brut souffre depuis plusieurs trimestres du vieillissement des champs pétroliers matures, d’opérations de maintenance prolongées sur certaines installations, et d’un rythme d’investissement en amont qui peine à compenser le déclin naturel des gisements. La baisse de 2,9 % du secteur extractif au premier trimestre 2026 reflète cette érosion continue, dans un pays où l’or noir demeure la principale source de revenus à l’exportation.

Les autorités gabonaises suivent cette évolution avec une attention particulière, car le budget de l’État reste fortement exposé aux fluctuations de la production et des cours mondiaux. La contre-performance des hydrocarbures s’inscrit dans un contexte régional où les grandes compagnies internationales réorientent une partie de leurs capitaux vers des bassins jugés plus rentables ou moins matures. Le bassin sédimentaire gabonais, longtemps un pilier de l’économie nationale, doit désormais composer avec cette concurrence pour attirer les investissements en exploration et production.

Le manganèse, amortisseur d’une économie en transition

Face à la diminution de la production pétrolière, l’industrie minière joue un rôle de stabilisateur. Le manganèse, pour lequel le Gabon figure parmi les premiers producteurs mondiaux, a enregistré une progression soutenue au cours de la période analysée. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’une décennie de montée en puissance de ce minerai, portée par la demande de l’industrie sidérurgique asiatique et par l’essor progressif des besoins liés aux batteries, notamment pour les cathodes de nouvelle génération.

La contribution croissante du manganèse à la valeur ajoutée du secteur extractif révèle un rééquilibrage progressif du portefeuille minier gabonais. Les dirigeants misent sur ce minerai stratégique pour diversifier les recettes et initier une politique de transformation locale, à travers des projets d’agglomération et de production de silicomanganèse. Ces initiatives visent à capter davantage de valeur sur la chaîne de production, plutôt que d’exporter le minerai brut, conformément à une doctrine désormais partagée par plusieurs pays miniers d’Afrique centrale et de l’Ouest.

Diversification et souveraineté productive en ligne de mire

L’analyse de la situation confirme un enjeu fondamental pour les autorités de la transition. La double dépendance du Gabon, à la fois aux hydrocarbures pour ses recettes budgétaires et aux marchés extérieurs pour les débouchés miniers, exige une stratégie de résilience plus affirmée. L’intensification des activités de la Société équatoriale des mines (SEM), présente au capital de plusieurs projets, illustre la volonté de renforcer le contrôle national sur les segments clés.

Parallèlement, la question de la relance de l’exploration et de la production pétrolière en amont demeure cruciale. Les cycles d’appels d’offres offshore, la modernisation du cadre contractuel et les incitations fiscales à l’exploration constituent autant de leviers examinés pour freiner la tendance à la baisse. Cependant, les délais entre la découverte d’un gisement et sa mise en production, souvent supérieurs à cinq ans, imposent une lecture de moyen terme aux décideurs publics.

En somme, l’équation économique gabonaise se résume à un arbitrage entre trois priorités : soutenir le redressement des hydrocarbures pour préserver les équilibres budgétaires immédiats, consolider l’industrie du manganèse pour asseoir une rente minière stable, et préparer l’ère post-pétrolière par la transformation locale et la diversification économique. La conjoncture du premier trimestre 2026 souligne que cet exercice d’équilibriste ne laisse que peu de place à l’improvisation.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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