Le Burundi exhorte la communauté internationale à agir face aux violences persistantes dans l’Est de la RDC
En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine et témoin clé de l’Accord de paix de Washington, le Burundi exprime son profond regret face à l’échec de cette initiative diplomatique dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Cet accord, conclu entre le président Félix Tshisekedi de la RDC et le président Paul Kagame du Rwanda, sous l’égide de l’administration américaine de Donald Trump, n’a malheureusement pas apporté la stabilité escomptée, les hostilités se poursuivant entre les forces gouvernementales congolaises et la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
C’est le constat partagé par l’ambassadeur Édouard Bizimana, ministre burundais des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et de la Coopération au développement. Lors d’une rencontre à Bujumbura le lundi 1er juin avec son homologue congolais, Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, l’officiel burundais a souligné que, malgré un certain retour de citoyens congolais dans leur pays, de nombreuses régions demeurent sous l’emprise de l’insécurité. Face à cette situation critique, il a lancé un appel vibrant à une implication renforcée de la communauté internationale.
« Le ministre Édouard Bizimana a déploré que les accords de paix signés entre la RDC et le Rwanda, facilités par Washington, n’aient pas été pleinement honorés. Il a mis en évidence la recrudescence de l’insécurité dans certaines zones, entraînant de nouveaux déplacements de populations vers les pays voisins, malgré des progrès permettant à des réfugiés de rentrer chez eux. Il a souligné l’impératif d’un engagement accru de la communauté internationale pour appuyer les efforts régionaux déjà en cours », a-t-on appris.
Au cours de cette même réunion, les deux ministres ont salué l’excellence des relations bilatérales et diplomatiques entre le Burundi et la RDC, réaffirmant leur volonté de les consolider. Outre la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, d’autres sujets d’intérêt mutuel ont été abordés, notamment l’attribution d’une parcelle pour l’ambassade du Burundi à Kinshasa, la gestion du Secrétariat exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), ainsi que la préparation du prochain sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de la CIRGL, actuellement présidée par la République démocratique du Congo.
Pour sa part, le ministre congolais Floribert Anzuluni a exprimé sa gratitude pour les efforts diplomatiques du Burundi, en particulier son rôle dans la mobilisation de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés congolais accueillis dans les camps burundais. Concernant la CIRGL, il a informé son homologue de la préparation d’une réunion de la Troïka visant à faire le point sur la sécurité régionale et à évaluer les contributions statutaires des États membres.
L’ambassadeur Édouard Bizimana a réitéré l’engagement total du Burundi à œuvrer pour faire taire les armes sur le continent africain, un objectif majeur énoncé par le président Évariste Ndayishimiye lors de son accession à la présidence de l’Union africaine, succédant à João Lourenço de l’Angola.
Dans la région des Grands Lacs, le Burundi et la RDC sont des partenaires stratégiques, unis par un accord bilatéral de défense signé en mars 2023. Face à l’instabilité persistante dans l’Est de la RDC et à ce que Kinshasa qualifie d’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23 et ses alliés opérant au Sud-Kivu, Bujumbura a déployé des milliers de soldats pour soutenir les Forces armées de la RDC (FARDC) et sécuriser la frontière commune. Cette alliance militaire s’articule autour de multiples axes de coopération.
Malgré la signature du communiqué conjoint de Montreux, en Suisse, du 13 au 17 avril 2026, entre des représentants du gouvernement congolais et de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), en présence de médiateurs des États-Unis d’Amérique, de l’État du Qatar et de la République du Togo, la situation reste tendue. À l’instar des précédentes discussions à Doha, des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et de non-respect des engagements persistent. Le processus de Washington n’a pas non plus produit d’amélioration significative, chaque partie interprétant les termes de l’Accord à sa convenance, entravant ainsi sa mise en œuvre effective.
Cette impasse diplomatique, observée par les médiateurs internationaux, continue d’avoir des répercussions désastreuses sur la sécurité, les combats se poursuivant sans relâche dans l’Est de la République démocratique du Congo.
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