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Le Bénin renforce son économie avec 320 millions de dollars de la banque mondiale

Publié le 18 juillet 202625 septembre 2026 ParIbrahim Yacouba

Cotonou trace une nouvelle voie pour son avenir économique. Deux accords financiers majeurs, totalisant 320 millions de dollars américains, ont été signés entre le gouvernement béninois et la Banque mondiale. Ces investissements ambitieux visent à dynamiser la croissance du pays tout en améliorant le bien-être de sa population. Une stratégie audacieuse qui allie infrastructures stratégiques et développement humain.

Écoutez cet articleEnviron 7 min

Un partenariat historique pour booster l’économie béninoise

Dans les locaux modernes de la Cité ministérielle à Cotonou, une étape décisive a été franchie. Les autorités béninoises et la Banque mondiale ont officialisé un partenariat financier exceptionnel de 320 millions de dollars. Cet engagement ne se limite pas à un simple apport de capitaux : il valide une vision économique globale pour le Bénin.

En ciblant simultanément les infrastructures de base et le capital humain, Cotonou mise sur une croissance inclusive. L’objectif ? Transformer durablement le quotidien des Béninois tout en consolidant les indicateurs économiques du pays. Une approche qui pourrait servir de modèle pour d’autres nations de la sous-région.

Dogo-Bis : un barrage au service de l’énergie et de l’agriculture

Le premier volet de ce financement, évalué à 150 millions de dollars, est entièrement consacré au Projet de construction du barrage hydro-multifonction de Dogo-Bis. Cette infrastructure s’inscrit comme un pilier central d’un écosystème productif intégré.

Sur le plan énergétique, le barrage de Dogo-Bis représente une avancée majeure vers l’autonomie du Bénin. En augmentant significativement la capacité nationale de production d’électricité, il permettra de réduire la dépendance vis-à-vis des importations d’énergie de la sous-région. Une avancée cruciale pour les industries locales, souvent freinées par des coûts énergétiques élevés.

« Ce projet va apporter une électricité stable et compétitive à la vallée de l’Ouémé », a souligné le Ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines. Une stabilité qui devrait dynamiser l’ensemble de l’économie régionale.

Mais les retombées de Dogo-Bis dépassent largement le secteur énergétique. En sécurisant l’approvisionnement en eau, le barrage va permettre l’émergence d’un pôle agro-industriel dans la vallée de l’Ouémé. Cette région, riche de son potentiel agricole, souffrait jusqu’à présent d’un manque criant d’infrastructures hydrauliques et de structures de transformation. Avec ce projet, le gouvernement béninois entend stabiliser les rendements agricoles toute l’année et attirer les investisseurs privés dans la transformation locale des produits agricoles.

ALAFIA I : nourrir l’avenir par le capital humain

Le second accord, d’un montant de 170 millions de dollars, finance le Programme ALAFIA I : « Nourrir le Bénin pour l’avenir ». Ce programme ambitieux s’attaque aux racines mêmes du développement économique : la petite enfance, la nutrition et la santé des femmes.

En investissant massivement dans des services intégrés de qualité, le Bénin fait le choix de prévenir plutôt que de soigner. Les études économiques le confirment : les retours sur investissement dans le développement de la petite enfance sont parmi les plus élevés en matière de politiques publiques.

Une population mieux nourrie et en meilleure santé dès le plus jeune âge se traduit par une baisse des coûts de santé publique, une amélioration des taux de scolarisation et une hausse de la productivité de la future main-d’œuvre. ALAFIA I pose ainsi les fondations sociales indispensables pour que la croissance économique devienne une réalité tangible pour tous les Béninois.

Une synergie gagnante pour un développement durable

L’aspect le plus remarquable de cette double signature réside dans la complémentarité des projets. Comme l’a souligné le Ministre délégué chargé de la mobilisation des ressources extérieures, « ces investissements permettront d’améliorer la sécurité alimentaire, de renforcer la connectivité des territoires et de soutenir la croissance économique ».

En reliant la sécurité nutritionnelle (ALAFIA I) à l’augmentation des capacités agricoles et industrielles (Dogo-Bis), le Bénin crée un cercle vertueux. Les produits de la vallée de l’Ouémé nourriront les centres urbains et ruraux, réduisant ainsi la dépendance aux importations alimentaires. Parallèlement, l’amélioration de la santé publique fournira les ressources humaines nécessaires à l’essor industriel du pays. Le renforcement de la connectivité des territoires garantit quant à lui que les richesses créées circuleront efficacement à travers tout le pays.

Un modèle inspirant pour la sous-région

Avec cette enveloppe globale de 320 millions de dollars, la Banque mondiale témoigne de sa confiance envers la gouvernance financière et la stabilité macroéconomique du Bénin. Dans un contexte régional parfois marqué par l’incertitude, Cotonou se positionne comme un hub attractif pour les investisseurs internationaux.

L’ambition affichée est claire : accélérer la transformation structurelle de l’économie béninoise. En passant d’une économie de transit et d’agriculture de subsistance à une économie semi-industrielle, diversifiée et résiliente, le Bénin se donne les moyens de résister aux chocs extérieurs. L’accent mis sur la durabilité des infrastructures et l’inclusion des populations les plus vulnérables montre que le pays cherche à inventer un modèle de croissance qui ne laisse personne de côté.

Ces accords de financement ne sont pas de simples formalités administratives. Ils représentent une brique fondamentale posée pour l’avenir du Bénin. En choisissant d’investir simultanément dans l’énergie productive de la vallée de l’Ouémé et dans l’avenir de sa jeunesse via le programme ALAFIA I, le gouvernement béninois démontre qu’il a compris l’équation du développement moderne : une puissance économique durable ne peut exister sans un capital humain solidement valorisé.

Reste désormais le défi de l’exécution sur le terrain. Une phase cruciale qui sera suivie de près par les populations et les observateurs économiques, impatients de voir ces promesses se concrétiser.

Par Ibrahim Yacouba — Reporter

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