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Benin Alafia 2060 : Tout savoir sur le Cadre de Partenariat Pays (CPP) 2026-2036 entre le Bénin et la Banque mondiale

Publié le 18 juillet 202625 septembre 2026 ParZara Hassane
Le Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa a vibré, le vendredi 17 juillet 2026, au rythme du lancement officiel du Cadre de Partenariat Pays (CPP) 2026-2036. Conclu entre le gouvernement béninois et le Groupe de la Banque mondiale, cet accord stratégique à long terme s’articule autour de trois piliers fondamentaux : le capital humain, les infrastructures productives et l’emploi des jeunes. Aligné sur la vision prospective « Alafia Bénin 2060 », ce nouveau cadre marque un tournant décisif pour l’économie nationale. Décryptage d’une feuille de route ambitieuse qui entend transformer le paysage socio-économique du pays. Un partenariat d’envergure dans un contexte de renouveau stratégique L’ambiance était solennelle mais résolument optimiste dans les salons du Sofitel Cotonou Marina. Membres du gouvernement, diplomates, représentants d’institutions internationales et acteurs du secteur privé se sont réunis pour assister à l’acte de naissance du CPP 2026-2036. Ce document cadre n’est pas une simple mise à jour des programmes précédents ; il s’agit d’une refonte complète de la stratégie d’accompagnement financier et technique de la Banque mondiale au Bénin pour la prochaine décennie. Ce lancement intervient à un moment charnière de l’histoire politique et économique du pays. Porté par la vision à long terme Alafia Bénin 2060, le gouvernement béninois cherche à consolider ses acquis macroéconomiques tout en accélérant la redistribution des fruits de la croissance. La présence à Cotonou de Madame Anna Bjerde, Directrice générale des opérations du Groupe de la Banque mondiale, témoigne de la confiance renouvelée des bailleurs de fonds internationaux envers les réformes structurelles menées par l’exécutif béninois. L’impact économique au cœur de la feuille de route 2026-2036 Le cœur de ce partenariat bat au rythme de l’efficacité économique. Pour le Bénin, l’enjeu ne consiste plus seulement à afficher un taux de croissance du PIB satisfaisant, mais à transformer structurellement son économie pour la rendre plus compétitive, plus résiliente et, surtout, plus inclusive. Les projections et les discussions entourant le CPP mettent en avant un effet de levier financier majeur. En garantissant des financements stables sur dix ans, la Banque mondiale permet au Bénin de planifier de grands projets d’infrastructure sans fragiliser ses équilibres budgétaires. Cet afflux de capitaux et d’expertises est conçu pour catalyser l’investissement privé, national comme international, créant ainsi un cercle vertueux de croissance autonome. Les trois piliers d’une transformation structurelle Pour maximiser l’impact économique de cette enveloppe décennale, les deux partenaires ont convenu de concentrer leurs efforts sur trois axes interconnectés : 1. Le renforcement du capital humain Aucune croissance économique d’envergure ne peut se faire sans une population en bonne santé et bien formée. Le premier pilier du CPP s’attaque donc de front aux défis de la nutrition, de la santé publique et de la refonte des compétences. L’objectif est clair : adapter l’offre de formation technique et professionnelle aux besoins réels du marché du travail actuel et futur. 2. Le développement des infrastructures essentielles Le déficit d’infrastructures reste un frein à la compétitivité des entreprises locales. Le partenariat prévoit des investissements massifs dans les secteurs de l’énergie, du numérique et des transports. En reliant plus efficacement les zones de production agricole aux centres urbains et au port de Cotonou, le Bénin entend réduire ses coûts logistiques et stimuler ses exportations. 3. L’accélération de la transformation portée par le secteur privé Le secteur privé est désigné comme le principal moteur de la création d’emplois durables. Le CPP appuiera les réformes visant à améliorer le climat des affaires, à faciliter l’accès au crédit pour les PME et à encourager l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Emploi des jeunes et secteur privé : Le grand défi de la décennie C’est le véritable thermomètre de la réussite de ce plan : l’insertion professionnelle de la jeunesse béninoise. Avec une population majoritairement jeune, le Bénin fait face à une urgence sociale qui est aussi une immense opportunité économique. Monsieur Aristide Medenou, Ministre de l’Économie, des Finances et de la Coopération, a été particulièrement insistant sur ce point lors de son allocution. Pour le gouvernement, le CPP 2026-2036 doit agir comme un accélérateur d’opportunités. L’accent sera mis sur le développement des filières agricoles à forte valeur ajoutée et sur l’agro-industrie, des secteurs capables d’absorber une main-d’œuvre jeune et de freiner l’exode rural. En liant l’assistance technique de la Banque mondiale aux priorités nationales d’industrialisation (à l’instar de la dynamique déjà observée dans la zone industrielle de Glo-Djigbé), le cadre garantit que les nouveaux emplois créés ne seront pas précaires, mais ancrés dans le tissu économique réel du pays. Résilience et stabilité : Les garde-fous de la croissance On ne peut bâtir une économie prospère sur des fondations fragiles. Le CPP 2026-2036 intègre de manière transversale les objectifs du Programme de prévention et de résilience*. Dans un contexte régional ouest-africain marqué par des défis sécuritaires et climatiques, le Bénin mise sur le renforcement de sa cohésion nationale. Les investissements ne se concentreront pas uniquement dans les grands centres urbains du Sud. Une part importante des projets visera les régions périphériques et septentrionales, afin de réduire les disparités régionales. En offrant des infrastructures de base (eau potable, électricité, pistes rurales) et des perspectives d’emploi aux jeunes de ces localités, le programme entend tarir les sources de la vulnérabilité sociale et consolider la stabilité du territoire. Des ambitions saluées par la communauté internationale Madame Anna Bjerde n’a pas tari d’éloges sur la vision stratégique du leadership béninois, saluant nommément les ambitions portées par le Président de la République et son équipe, notamment à travers le leadership financier incarné par le gouvernement. Selon la Directrice générale des opérations de la Banque mondiale, le lancement de ce partenariat arrive au moment opportun pour traduire les concepts macroéconomiques en résultats palpables pour « les entrepreneurs, les agriculteurs et les familles béninoises ». Cette déclaration forte rassure les marchés et confirme le statut de bon élève réformateur du Bénin auprès des institutions de Bretton Woods. Elle rappelle également que la Banque mondiale se positionne ici comme un partenaire de long terme, prêt à essuyer les plâtres et à ajuster ses mécanismes de financement aux réalités changeantes du terrain. Vers un Bénin émergent à l’horizon 2036 ? Le Cadre de Partenariat Pays 2026-2036 pose les jalons d’une décennie de transformations profondes. En ciblant simultanément le capital humain, les infrastructures et le secteur privé, le Bénin et la Banque mondiale appliquent une thérapie de choc économique globale. La réussite de ce plan herculéen dépendra désormais de la rigueur de son exécution, de la gouvernance des projets et de la capacité d’absorption des investissements par l’administration publique et le secteur privé local. Si les promesses de Cotonou se traduisent en actes dans les villages et les villes du pays, le Bénin pourrait bien devenir le modèle de transformation économique inclusive dont l’Afrique de l’Ouest a besoin. Le rendez-vous est pris pour les dix prochaines années.

Par Zara Hassane — Grand reporter

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