(Miami) La sélection française n’a pas pu offrir une sortie honorable à Didier Deschamps, s’inclinant 6-4 face à l’Angleterre lors de la petite finale du Mondial ce samedi. Ce duel mémorable fut marqué par l’exploit de Kylian Mbappé, qui a inscrit un doublé, consolidant ainsi son record de buts en Coupe du monde.
Cette défaite amère clôture le mandat de l’ancien sélectionneur des Bleus, qui avait pourtant insisté sur l’importance de cette dernière rencontre, malgré l’absence d’un enjeu majeur. Elle vient assombrir un parcours mondial somme toute honorable, malgré l’élimination en demi-finale, et ne rend pas entièrement justice à la contribution de Deschamps à l’équipe de France depuis 2012.
Le technicien se souviendra sans doute longtemps de ces adieux mouvementés sur la pelouse du Hard Rock Stadium, où pas moins de 10 buts ont été inscrits dans un scénario des plus imprévisibles. « C’est la fin de quelque chose qui a représenté ce qu’il y a de plus beau », a-t-il déclaré après le match, promettant de devenir un « supporter silencieux » des Bleus.
Deschamps, qui espérait terminer ses 14 années fructueuses à la tête de l’équipe de France sur une note positive, a traversé toutes les émotions, frôlant l’humiliation après une première mi-temps catastrophique, avant un réveil tardif et finalement insuffisant de ses joueurs, sous l’impulsion du capitaine Mbappé.
Les Tricolores, visiblement encore marqués par leur défaite en demi-finale face à l’Espagne (2-0) mardi, ont subi l’assaut des Anglais en première période, encaissant quatre buts de Declan Rice (3e), Ezri Konsa (18e) et Bukayo Saka (37e, 45e+1). La défense française s’est montrée apathique et dépassée. Deschamps a qualifié cette première mi-temps d’« imprésentable ».
Le milieu de terrain Adrien Rabiot a, pour sa part, vivement critiqué une première période « honteuse ». « On ne peut pas se contenter de bâcler les choses comme ça », a affirmé le joueur de l’AC Milan, connu pour son franc-parler.
L’arrière-garde française a pris l’eau de toutes parts, contraignant Deschamps à effectuer pas moins de quatre changements à la mi-temps. Les entrées des attaquants Ousmane Dembélé et Bradley Barcola, ainsi que des défenseurs Dayot Upamecano et Lucas Digne, ont insufflé un nouveau souffle aux Bleus. Ils ont réduit l’écart grâce à Mbappé (48e, 66e) et Barcola (54e), amorçant une fin de match irréelle.
Un sursaut d’orgueil vain
Malgré ce sursaut, les Français n’ont pas réussi à offrir une conclusion digne de ce nom à leur entraîneur. Saka a complété son triplé sur penalty (87e), avant que Jude Bellingham ne marque dans les arrêts de jeu, annihilant les derniers espoirs français, juste après un but d’Ousmane Dembélé (90e+6).
Si le résultat final est décevant pour Deschamps, les attaquants, qui avaient peiné contre la Roja en demi-finale, ont au moins retrouvé, l’espace de 45 minutes, ce jeu spectaculaire qui avait enchanté le monde entier en début de tournoi.
À défaut de s’offrir un deuxième titre mondial après celui de 2018, Mbappé quitte la compétition la tête haute. Avec 22 réalisations en trois phases finales, il est désormais le seul détenteur du record de buts en Coupe du monde et domine le classement des buteurs de l’édition 2026 avec 10 unités.
« J’aurais aimé mieux laisser le record de côté et plutôt avoir la chance de participer à la finale », a confié Mbappé.
Le capitaine tricolore a estimé que les Bleus étaient « complètement sonnés » par les 45 premières minutes des Anglais.
Je peux comprendre certains qui pensent que c’est du foutage de gueule, qu’on n’a pas respecté le maillot. Moi, je dirais plus qu’on a été humains et que malheureusement, on ne peut pas se permettre d’être humains.
Kylian Mbappé
N’empêche, Mbappé a mis une pression considérable sur son rival direct, Lionel Messi, qui aura cependant toute l’opportunité de répliquer au Français lors de la finale face à l’Espagne, dimanche à East Rutherford (New Jersey).
Le capitaine aura été exemplaire jusqu’au bout aux États-Unis, fidèle à son statut. Déjà lauréat du Soulier d’or en 2022 au Qatar, l’attaquant du Real Madrid est bien parti pour se succéder à lui-même, à moins d’un exploit retentissant de l’astre argentin en finale.
Deschamps ne peut pas en dire autant des autres Bleus, qui ont semblé longtemps peu concernés par l’enjeu, à l’image des défenseurs. Mais comment reprocher à des joueurs venus à cette Coupe du monde pour décrocher une troisième étoile, mais meurtris par leur défaite en demi-finale et contraints de se battre pour une anecdotique médaille de bronze ?
Pour les Anglais et leur sélectionneur allemand Thomas Tuchel, sous le feu de vives critiques après la défaite de mercredi face à l’Argentine (2-1), ce résultat offre une maigre consolation. Mais si maigre. « Nous avons rêvé du succès le plus glorieux et nous étions remplis d’ambition. Dans ces conditions, il devient très douloureux de ne pas tout rafler », a concédé Tuchel.
L’Angleterre a néanmoins signé son meilleur résultat au Mondial depuis son unique titre en 1966.